‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 84 sur 97 · LE SIÈCLE DE LOUIS-LE-GRAN D · texte numérisé non relu

LE SIÈCLE DE LOUIS-LE-GRAN D

£n conserve la grâce et tout le sel attique ; Du lecteur le plus âpre et le plus résolu ^ Un dialogue entier ne saurait être lu.

Chacun sait le décri du fameux Aristote , fin physique moins sûr qu'en histoire Hérodote ; Ses écrits , qui charmaient les plus intelligens , Sont à peine reçus de nos moindres régens.

Pourquoi s'en étonner ? Dans cette nuit obscure y Où se cache à nos yeux la secrète nature , Quoique le plus savant d'entre tons les humains y Il ne voyait alors que des fantômes vains.

Chez lui , sans nul égard des véritables causes y De simples qualités opéraient toutes choses , Et son système obscur roulait tout sur ce point , Qu'une chose se Cadt de ce qu'elle n'est point D'une épaisse vapeur se formait la comète y . Sur un solide ciel roulait chaque planète ; £t tous les autres feux dans leurs vases dorés y Pendaient du riche fond des lambris azurés.

O ciel ! depuis le jour qu'un art incomparable , Trouva l'heureux secret de ce verre admirable , Par qui rien sur la terre et dans le haut des cieux , Quelqu'éloigné qu'il soit y n'est trop loin de nos yeux y De quel nombre d'objets y d'une grandeur immense , S'est accrue en nos jours l'humaine connaissance ! Dans l'enclos incertain de ce vaste univers , Mille mondes nouveaux ont été découverts , Et de nouveaux soleils , quand la nuit tend ses voiles , Égalent désormais le nombre des étoiles.

Par des verres encor non moins ingénieux ,

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