‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 95 sur 97 · DE SAINT PAULIN · texte numérisé non relu

DE SAINT PAULIN

ont renda contre moi , on m*a àté des verges qae fe tenais, et cpii m^aralent été mises autrefois entre les mains. Sachez qui est ce jardinier ; car je ne puis croire que cet homme soit, comme il le parait, un homme ordinaire et du commun.

Le gendre du roi prit alors Paulin en particulier, et lui demanda qui il était. Je suis votre esclave, lui répondit Fhomme de Dieu, celui que vous avez pris à la place du fils d'une veuve. Mais comme on le pressa fortement de lui déclarer non pas ce qu'il était présentement, mais ce qu*il avait été dans son pays ; après que le prince l'eut questionné long-tems sur ce sujet, l'homme de Dieu ne pouvant cacher plus long-tems ça condition , avoua qu'il était évéque. Le maître fut saisi de crainte ayant oui* cette déclaration , et lui dit avec soumission et en s'humiliant : Demandez-moi tout ce q«e vous voudrez , afin que vous vous en retourniez chez vous avec im présent considérable. Â quoi l'homme de Dieu lui répondit : Vous pouvez me faire une grâce qui me sera très-précieuse , qui est de rendre la liberté à tous les esclaves de ma ville.

On les envoya aussitôt chercher par toute T^^ique « et après les avoir rendus libres, on les renvoya avec lui dans leur pays , sur des vaisseaux chargés de ble4|^ qu'on leur donna , an grand contentement du vénérable Paulin. Peu de jours après , le roi des Vandales mourut et quitta les verges qu'il avait tenues, suivant la volonté de Dieu, et pour sa perte et pour la correction des fidèles ; ainsi il se trouva que Paulin , le serviteur de Dieu tout-puissant, avait prédit la vérité ; et qu'après s'être livré seul pour être esclave, il passa avec plusieurs autres de Tesdavage à la liberté , ayant imité celui qui a pris la forme d'esclave , afin que nous ne fussions pas esclaves du péché.

344 SUJET DU VakMM DE SAIKT PAULIN.

Toos les compagnons de Paulin reTÎnrent ^ Nôle, où ils n'étaient plus attendus, bénissant k haute voix le Seigneur,

Le Seigneur | (|aî jamais n*abandonne les siens, Qaif dans leurs plos grands maux , les comble 'de ^u biens ; £t da pen (|a*on lui rend conserrant la mémoire , Couvre un Irger travail d*un océan de gloire.

Page 1