CLITANDRE, LÉPINE
L ÉPI NE
J\'1a foi, monsieur, c'est une sotte chose que / l'amouv ; convenez-en de bonne foi. Tant que vous n'avez été que libertin, vous avez vécu le plus heureux homme du monde : pourquoi diantre changer des manières dont vous vous êtes si bien trouvé ?
CLITANDRE. t
Que veux-tu que je fasse , mon pauvre Lépine ? Il ne dépend pas de moi de résister aux charmes 'de l'aimable Colette ; et son mérite et sa beauté me paroissent dignes d'une fortune bien plus considérable que celle que je puis lui faire.
LÉPINE
Comment diable ! voilà une passion bien sérieuse, au moins, et pour la petite nièce d'une meunière encoi'e. Cette aventure-là fera du bruit, monsieur; et ce sera un des beaux chapitres du roman de votre vie.
■ go LE MARI RETROUVE.
CLITAN D UE.
C'en sera la conclusion, mon enfant; et je born; tous mes désirs, toute ma félicité au seul plaisir de me faire aimer d'une si charmante j>ersonne.
L ÉPI NE
Eh Cl donc ! monsieur : c'est bien à moi qu'il faut dire cela.
CL I TAN DUE
Je le dia vrai.
LÉPINE
Quoi 1 vous qui ave-z passé de si doux moments dans les plus agréables compagnies de la province, vous qui êtes la coqueluche de tout le Gâtinois , et les délices de toutes les coquettes de Montargis , vous allez vous borner ici , et vous amuser à filer le parfait amour dans un moulin ? Vous vous moquez , je pense.
CLITANDHE.
Je ne me moque point; je m'abandonne à ma destinée. Je n'ai jamais rien vu de plus aimable que Colette , et jamais je n'aimerai qu'elle.
LÉPINE
C'est-à-dire que vous voilà déterminé à ne vous point marier; car apparemment vous ne voulez pas faire de la petite meunière autre chose qu'une maitresse ?
CllTANDRE.
Pourquoi non ? Est-ce la naissance qui doit déterminer au choix d'une femme ? C'est le mérite i;i la vertu qui font des mariages, et je trouve daii*