SCÈNE XIX
M AUGREBLEU.
Ah! poui" toi, je te remets, tu es Lépine, le filleul de mon père, un grand fiûpon; oui , je te veconnois ; mais pour vous autres
MADAME LA ROCHE
Vous ne vous ressouvenez pas de madame la Roche ?
MATTGREBLEn.
De madame la Roche? si fait, parbleu; c'étoit une bonne diablesse. Ne seroit-ce point vous?
MADAME LA ROCHE
C'est moi-même.
MAU GREBtEIT.
Je crois, ma foi , qu'elle n a point menti; et voîcî une vivante qui ressemble à ma sœur : mais non; si fait , le diable m'emporte, c'est elle-même. Parlez donc , ho ' mon capitaine , bride en main , s'il vous plaît. Pour madame la Roche, vous irez le galop si vous pouvez ; mais pour ma sœur. . . .
ANGÉLIQUE
J'ai bien de la confusion que mon frère. . . «
CLITAN DRE.
IN "en rougissez point , madame , il est honnête humme , et je me fais honneur de son amitié.
MAUGREBLEU
TMais je me donne au diable si je comprends rien à tout ceci. Vous vous connoissez tous , vous voua rencontrez tous ici , vous vous entendez tous comme larrons en foire : mon capitaine, qu esl-ce que cela signifie ?
io4 LES VACANCES.
MADAME LA II O C H E
Que votre capitaine va devenir votre beau-frère, M aughebleu.
Il va le devenir? Ne l'est-il point déjà? Il ne faut pas que je sache rien de ça, au moiiis, je vous en assure; car je suis un brutal.
MADAME la ROCHE.
Au contraire, vraiment, nous prétendons que tout le monde le sache, et qtxe monsieur votr« père, qvii est ici, en soit informé des premiers.
M AUGREB LEU.
Mon père qui est ici ? quel peste de conte ! Eh ï qu'est-ce qu'il feroit ici , mon père?
LÉPIÎJE.
Ce qu'il y feroit? il y vient prendre possession de la terre qu'il s'est fait adjuger depuis trois semaines.
M Au GHEBLEU.
Comment, possession de la terre, mon capitaine? ce maroufle de procureur à qui nous venons donner les étrivières, il se rencontre que c'est mou père? cela estpar ma foi drôle.
Quoi! madame, c'est monsieur votre père qui...»
ANGÉLIQUE
C'est lui qui est depuis peu seigneur du château que vous voyez.