SCÈNE II. lOL
sur leurs parties, je m'y veux mettre pour davantage , et je leur paie consciencieusement par avance l'intérêt de leur argent , parce que le principal est mal assuré.
FRONT IN
Cela est de bonne foi pour un chevalier de Gascogne, et je crojois qu'il n'y avoit que mon maître capable d'une si grande délicatesse de conscience.
LE CHEVALIER
Comment?
FRONTIN
Nous sommes dans la même crise que vous, monsieur : monsieur Nicolas Valentin , honnête marchand, qui fournit le i^égiment, madame Judith Valentin, sa femme, mademoiselle Angélique Valentin, leur fille, avec d'autres bourgeois et bourgeoises des environs de la rue du Roule, se sont avisés de venir voir le camp; monsieur mon maître, qui est fort libéral,, quoiqu'il n'ait pas le double, les a généreusement régalés presque tous les jours. On a fait de grands i-epas, nous en avons fait les honneurs; mais je serois d'avis d'en laisser payer la dépense à nos bourgeois , qu'en ditesvous?
LE CHEVALIER
Jopinerois de même pour les miens, si ic n'envlsageois les suites.
FRONTIN
Ce qui nous embarrasse le plus, nous autres, c'est que mon maître est amoureux de mademoi-
selle Valentin la fille; cela nous pique d'honneur, vojez-vousj et il faut ou crever, ou faire bien les choses.
rE CHEVALIER.
Tu as raison. Le voici, ton maître.