SCÈNE IL
^ FRONTIN, LE CIÏEVALIEU.
FRONTIN
Fonx au service de la vôtre, monsieur le cheva* lier. Mais vous, comment vous en va?
LE CHEVALIER
Tu vois, mon enfant , le mieux du monde; toujours gai, gaillard , accablé d honneurs et comblé de dettes, sans amour, dieu merci, sans argent, de par tous les diables.
124 LES CURIEUX DE GOxMPIÈGNE.
FRONT IN
C'est tout comme chez nous, monsieur; et à l'amour près, dont mon maître a bonne provision,' vos destinées sont assez pareilles.
LE CHEVAIIER.
Oh, cadédis! je le défie d'être aussi gueux que je le suis : je te parle confidemment; je fais figure en apparence, toujours bonne table, beaucoup de vin, les hautbois du régiment : force bergères de Paris, quelques provinciales, maintes villageoises dansent les so.'rs devant ma tente ; je me donne ainsi le bal à peu de frais. Je n'ai pas quatre pistoles, et je me divertis toujours , tout coup vaille.
FRONTI N.
'Vous êtes heureux d'avoir bon ciédit..
tE CHEVALIER.
Sandis , je le prends à telle fin que Ce raison , et je ne suis embarrassé que d'une certaine grofse hôtesse, chez qui j'ai mis loger, a. mes dépenr , des incommodes de Paris, moitié bourgeois, moitié bourgeoises , qui sont très indiscrètement venus me rendre ici visite.
FRONT IN
Eh! de quoi diantre vous avisez -vous de défrayer cette caravane? Ce sont bien là les allures d'un homme de voti-e pajs.
LE CHEVALIER-
Paix , tais-toi , je la leur garde bonne : ce sont de bonnes connoissances subalternes de robe , marchands, usuriers pour la plupart : je suis un peu