SCÈNE III. ,ay
XiÉ CHEVALIER.
Amoureux,, moi ? je ne connois Tamour que chez autrui : ce n'est point par le cœur que nous nous ressemblons, mon ami, c'est par la bourse.
Ah! c'est encore un surcroît à mon malheur; je n'ai pas un sou , mon pauvre chevalier.
LE CHEVALIER
Amoureux et gueux ; ces deux qualités <Jui , séparément, ne sont pas fort bonnes, c'est bien le diable quand le hasard les met ensemble.
CL IT ANDRE
Mon pauvre Fi-ontin 1 que ferons-nous ? parle. rnoNTiN.
Ma foi , je ne sais , monsieur : ce qui me paroi t de plus facile, c'est que vous consoliez monsieur le chevalier, que monsieur le chevalier vous console , et que je vous exhorte tous deux à prendre patience; car je ne vois pas que nous soyons en état de nous rendre réciproquement d'autre sdr-. vice.
LE CHEVALIER
Cadédis, pourquoi non? Associons nos infor-, tunes et nos savoir-faire : allons , un coup de désespoir, Frontin.
clitandre;
Il n'j-'^a'rlen que je' ne sois capable d'entreprendre pour me tirer de cette affaire.
Moi , j'escaladerois le firmament pour en' sortir avec honneur.
Mais, si vous vous trouvez tant de résolution, il y auroit un moyen. . . „
CLITÀNDRE.
Quel est-il? parle.
FRONTIN
11 est un peu scabreux, à la vérité; mai^ pour franchir un mauvais pas. ...
LE CHEVALIER
Explique-toi seulement , dépêche.
FRONTIN
Ke pourrions -nous point aller en parti sur le grand chemin de Paris ? il y auroit là de bons coups à faire.
clitandre.
Tu perds l'esprit, Frontin.
FRONTIN
Point du tout, monsieur, aux environs d'un camp, il n'y a point de mal d'aller en parti; la curiosité a rendu la bourgeoisie de Paris trèsvoyageuse ; quel inconvénient trouveriez- vous de faire payer aux premiers venus les frais que nous sont venus faire ici leurs camarades ?
le chevalier»
L'expédient me plairoit assez, sî je n'appréhendois les conséquences.