ACTE IV, SCENE VI. la
Faut-il nous étonner de nos soins superHus ? Polidore vivoit; que cberchonb-nous de plus?
rOLI DOR E.
Quoi l monstre..'.
ANTÉnor, durement.
Tout décelé ici votre iniposture.
Votre ame pour ce fils étouffoit la nature ; Contre vosnoirs complots nous défendions ses jours, Et jusque dans nos bias vous en tranchez le cours I Quelle douceur tiaîtresse et quel art sacrilège Par les mains de sa sœur l'a conduit daus le piège ! Elle paroit servir, partager .son courroux; Par votre feint trépas nous en impose à tous; Et ce jeune héros , qui court à sa ruine ,
( montrant Poliilore. ) Pense avoir abattu le bras qui l'assassine.
[ aux soldiits. ) Que dis-je.^au même instant qu'on lui donne la mort , Appelé par Zelmire, lius est sur ce bord ; Ils affectent tous deux une horreur mutuelle ; L'un accable d'affrouts son épouse cruelle. L'autre sur son époux levé un fer meurtrier; A ma garde lui-uième il vient la conlitr ; Et, de ce jeu barbare imprudente victime. Je m'arme pour IIus, quand le traître m'opprime. O long enchaînement des [jIus lâches noirceurs, Pour perdre avec Azor son peuple et ses vengeurs l A ce peuple indigné venez vous faire entendre ; Venez subir l'arrêt que vous devez attendre : Ibémis garde son glaive à vos coeurs inhumains.
Et la foudre, grand Dieu , reste oisive en tes mainsl Tu le fais triompher, tu te rends son complice; Et tu veux que la terre adore fa justice!
I T. us.
Sa justice est pour nous : elle lient enfermés
ia4 ZELMIRE.
Dans un nuage encor tous ses traits enflammés ;
Mais son bras menacaut , étendu sur le c»>'ime ,
( avec un geste menaçant sur Auténor. } Voile, pour mieux frapper, les yeux de la victime. Ne crois pas qu'à ses coups tu te sois dérobé , Serpent, en longs replis sans cesse recourbé : J'admire avec horreur ta prudence perfide. De tes ressorts tout prêts le jeu sur et rapide. Mais , dans la nuit profonde où tu sais toujours fuir, Crains l'affreuse clarté dont je vais te couvrir.
(se retenant, et montrant les Thraces. ) Non : j'instruirois en vain ces étrangers infâmes Qui trafiquent du crime , et te vendent leurs âmes. Devant le peuple entier tu viens de m'appeler,
( vivement. ) Je t'y cite à mon tour; c'est à toi de trembler : Complice et meurtrier du fils de Polidore ,
( Anténor feint la plus grande surprise ) Toi , qui venges sonsang, dont ta main fume encore, Viens voir tomber sur toi les redoutables coups Que ton lâche artifice a tournés contre nous.
A N T É is' o R .
JMoi, teint du sang d'Azor ! imposteurs méprisables, Cherchez-moi doue du moins des crimes plus croyables :
Si je fus son complice , et je m'en fais honneur, Puis-je être encor le vôtre , en lui perçant le cœur:' Maisbù sont les témoins.** (^uel soupçon, quel indice.^
I L us.
Marchons, traître : ce doute est ton premier supplice.
A IVT É NOR.
Rbamnès, vous l'entendez : ces éclats indiscrets De quelqne trahison décèlent les apprêts. Sondez et découvrez la source d;i.i.\c:ereus^