SCENE YI
i.Fs ACTEURS PRÉcÉDEîfT.s ; AN TENOR; IL us encliaiaé ; TROUPES BE THRACES.
ANTÉxoR,à Rhamnès.
VAi bien! ce téméraire Qui paya tous mes soins par des complots pervers. De ma main triomphante llus reçoit des fers.
z £ L M I R E , apprcevant Uus.
Lui.'
1 1, U s , à Aute'nor.
Triomphe honteux et digne d'uu perfide ! Va, l'assassin féroce est un gueroer timide. Sans le gage sacré qu'eût exposé ma mort , Par le nombre accablé, j'aurois fini mon sort : Mais, à porter tes fers si j'ai pu me résoudre , Crois qu'Ilu.s enchainé te garde encor la fondre.
i9a 2ELMIRE.
RUAMNÈs, à part.
J'allois trop hasarder, ma pitié m'eût pex^da.
( à Aiite'uor. ) - Seigneur, voici l'objet le plus inattendu , Qui, même en vous l'offrant, m'interdit et m'élonne. liegardcz ce captif.
(il montre Poliilore ({ui s'est assis. ) A. NTÉ NOB.
Se peut-il .''
ILUS.
Je frissonne !
A.NTENOIÎ.
PoUdore vivant?
ILUS.'
O mon perei POLIDORE, se relevant.
Oui, c'est moi.
Traître. Baisse les yeux à l'aspect de ton roi; Sens la confusion, la rai^e frémissante D'tin assassin surpris que son juge épouvante. Je te parle en vainqueur, au sein de mes revers ; Le crime couronné craint l'innocence aux fers.
( Autéuor veut le regarder iVuu air assuré. ) Tu caches ta terreur sous les traits de l'audace ; Je vois ton front pâlir, lorsque ton œil menace.
INtÉnor. avec uu grand calme af f ecle'. Et d'où viendroit , seigneur, ma crainle et mon courroux ?
Le sceptre est un fardeau dont je suis peu jaloux : J'ai refusé ce rang dont on vous iît descendre ; Si Lesbos le permet , vous le pouvez reprendre. Mais je doute qu'au j^ré de ce peuple veni;eur, Azor, dans son bourreau, trouve son successeur.
( vivement à .sa suite. ) Amis, nos yeux en vain cherchoient le bras impie Qui du dieu de vos cœurs a privé la patrie :