‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 118 sur 361 · ACTE V, SCENE V. ,3a · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V. ,3a

J'ai reconnu mon crime en revoyant mon roi ; Le danger d'en sortir m'y retint malgré moi. L'écrit , que sur Ilus surprit ma déliance , Décida mes remords qu'enhardit l'espérance. Les dieux m'ont entraiué, ces dieux qui dans leur»

mains Tiennent les /oibles cœurs des rebelles humains. J'osai , de mes projets informant le grtnd-prètre Feindre de le gagner, pour mieux tromper le traître : Sa perfide industrie auroit^su m'éciiapper: Avant de Je convaincre, il falloit le frapper ; Je l'ai fait. J'ai lavé votre honte et la mienne; Je dois ma gloire aux dieux, Lesbos me doit la sienne.

O peuple I je vous rends un père respecté , Un roi l'honneur du trône et de l'humanité; Une fille... Ahl grand Dieu, c'est ton plus digno

ouvrage ; Toi-même en sa belle ame admires ton image.

Zelmire! pourrez-vous l'apprendre sans transport?

( njontraut le soldat. ) Ce Thrace fut témoin du plus sublime effort... Quand son père expiroit dans cette tour affreuse, Oui, de sa piété l'audace ingénieuse Le ravit au trépas, aux horreurs de la faim, Par le pur aliment de son vertueux sein ; Merveille respectable à la race future, Où, même en s'oubliant, triomphe la nature.

Je vois à ce récit tous vos cœurs s attendrir. L'amour mêle ses pleurs à ceux du repeutir: Vous en versez vous même, ô Thraces inflexibles ' Ahî ne rougi.ssez point de vous trouver sensibles; Le remords est sublime en des cœurs couraseux. Citoyens, étrangers, qu'éclaire un jour heureux, De ce père indulgent obtenez votre grâce ; Approchez, tombez tous à ses pieds que j'embrasse. (Toiu les soldats, tout le peuple se prosteruent aux pieds du

roi , h qui on a déjà otë ses cliaines , ainsi qu'à Zelmirc ,

aussitôt après la lecture du billet d'Azor. )

POLIDORE, embrassant Rliamnes.

Ah •' je mourrai content , j 'ai retrouvé vos cœurs ; Ce triomphe si doux paye assez mes malheurs. Eh ! quel père offensé se souvient de sa haine Pour des fils égarés que l'amour lui ramené ?

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