ANTÉNOR
Rhamnes, c'est trop souffrir leur audace insensée. Prenez le glaive saint. Cette cendre of/ensée Yous demande le sang qui la doit arroser, Et qu'Azor aux enfers attend pour s'appaiser.
RHAMNES , prenant le fer des mains du grand-prètre. Oui .peuple, il faut remplir ce sanglant ministère, Qu'un devoir glorieux, un usage sévère,
( à Ante'nor. ) Yotre choix, mes serments , imposent à ma foi. ( Polidore , prêt à recevoir le coup , embrasse sa fille : Rhamnès levé le hras sur lui , et soudain en disant ces mots : ) Exécrable assassin, tombe aux pieds de ton roi. ( il se retourne, s'e'lance sur Antënor, et le frappe. ) ANTÉîTOR, tomiant dans les bras d'un Thrace. Traître !
( Le peuple , les soldats, les Thraces font un mouTement pour se jeter sur Rhamnès. ) DF. BELLOI. T. 8
fU Z EL MI RE.
LE SOLDAT THRAOE (lu Second acte, qui est cach^ panai ses compagnons, rompt les rangs, et se met au-Jevaul d'eux , en s'ccriant :
Arrêtez , amis; voilà le vrai coupable.
(Le graud-prètre retient le reste du peuple. ) R H AM N È s , déplovant re'cril d'Azor. Et voilà du forfait le garant redoutable.
Mon père! qui l'eût dit? en croirai-je mes yeux? r o L I D o P^ E .
Ma fille! ah! cher Rhamnès !
J'expire. Il est des dieux.
Tu les connois enfin ; ta mort les justifie ; Ils ont eu trop loug-temps a rougir de ta vie. Meurs avec le regret , la honte , la fureur De voir porter le jour dans l'enfer de ton cœur.
( Ou emporte Aule'nor. )
RHAMNÈS.
Ecoutez son arrêt, tracé par sa victime Avec le même sang qu'a répandu son crime. Guerriers , peuples , tremblez à cet écrit d'Azor. (il lit le billet.)
• Je meurs assassiné par le traître Anténor.
• C'est lui dont l'ame atroce et l'amitié perfide
« Souilla mon jeune cœur du plus noir parricide. « Malheureux instruments de mes projets cruels, « Sujets que j'ai trompés, que j'ai laits criminels, « Partagez, mes remords, pleurez, vengez mon père.»
(avec transport , eu remettant le billet au graud-prètre.j Il est vengé. Pleurez, à peu[)le téméraire .' Pleurez tous avec moi nos communes erreurs. Trop aveugles jouets de deux vils imposteurs, "Voyez où conduisoit vos aines égarées Cet orgueilleux oubli des lois les plus sacrées.