‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 121 sur 361 · EUSTACHE DE SAINT PIERRE , AMBLETUSE · texte numérisé non relu

EUSTACHE DE SAINT PIERRE , AMBLETUSE

QSAI>"T-PIERRE.

COI 1 le comte de ^ lenne est sorti de Calais Et son ordrt- avec vous m'euchaine eu son palais^ Il combat pour nos jours ; et sa prudence active Borne à des soins obscurs notre valeur oisive .' Prèis à voler soudain aux postes uienacés , Au centre de nos murs son choix nous a placés : Mais l'Anglois, prodiguant de trompeuses alarmes Pour affoiblir nos coups , a divisé nos armes. O patrie..! ô tourment pour un vrai citoven î Je vois ton sang versé sans y mêler le mien I De ce lier gouverneur la funeste vaillance Toujours aux grands périls réserve sa présence.

AAI BLÉtC SE.

O maire de Calais , modérez vos douleurs ! L'absence des dangers afJiige nos deux cœurs : Mais vous avez un fils que Vienne vous envie , Qui peut au champ d'honneur mourir pour la patrie!

Près de Vienne et d'Harcoui t, par ses exploits tmls-

santSi, L'éclat de sa jeunesse honore vos vieux ans. Pendant ce siège affreux , son /ele et sou courage De notre délivrance ont commencé l'ouvrage : Quel bonheur, si ce jour, consommant nos travaux, Joiguoit son nom vainqueur aux noms de nos héros • S'il obteuoit ce prix , le plus flatteur peut-èt;e. Le plus cher aux François, l'estime de son maître !

SAlNT-rlERRE.

Géuéreux Amhlétuse , en vain à ma douleur D'un avenir si doux tu présentes l'erreur: Par un trouble inconnu , malgré moi je rejette L'image d'un bonheur que mon ame souhaite.

AMELÉTUSE.

Quoi ) vous désespérez du sort de ce combat?

SAINT-PI ERRE

J'espere tout, ami , des destins de l'état. Malheur aux nations qui , cédant à l'oraije, Laissent par les revers avilir leur courage : ^'osent braver le sort qui vient les opprimer, Et , pour derniei' .ifiront, ces? eut de s'e.stimer. De notre espoir encor rien ne tarit les sources ; C'cit par les grands malheurs au'on appreud ses ressources.

Je pourrai dans ce jour périr avec mon fils : Mais ma mort peut servir au bien de mon pay« : Et si nos citoyens tiennent tous ce langage, Du salut de l'état c'est le plus sur présage.

amblétuse.

Ils ont appris de vous à triompher du sort ; CrONez qu'ils béniroient leur chute avec transpoit. Si Calais en tombant pouvoit sauver la France.

SAINT-PIERRE

C'est là , je l'avoùrai, ma plus ferme espérance. Je doute (^u'ea nos murs nous voyions introduit

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