‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 122 sur 361 · ACTE I, SCJEINE I. Mi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCJEINE I. Mi

Le secours qu'à grands pas le roi même y conduit. Peut-il forcer ce camp d'étonnante structure , Ce chef-d'œuvre de l'art servi par la nature. Qui, nous environnant d'immenses boulevards, Forme un «utre (^lais autour de nos remparts? Comment Tienne et le roi , que l'ennemi sépare. Se concerteront-ils pour l'assaut qu'on prépare f Du vainqueur de Créci le fatal ascendant Du succès d'Ldouard est le triste garant. En vain Louis d'Harcourt , à Valois si ildele. Contre un frère proscrit vient signaler son zcle : Ce coupable héros, ce bouillant Godefroi, Long-temps l'espoir des lis, aujourd'hui leur effroi. Bravant de nos guerriers l'imprudence hardie , Accable la valeur sous l'effort ,lu irénie : Pour ses yeux pénétrants l'art n'a plus de secret» ; La France doit sapeiie aux talents d'un Francoi».

AMBLÉTUSE.

Des brigues de la cour quel effet déplorable! Ce fut eu l'outrageant qu'on le rendit coupable. Innocent et plongé dans l'horreur des cachots , La seule excuse , hélas 1 des erreurs d'un hëroi , La vengeance égara son ardente jeunesse : L'exil accrut encor cette sanglante ivresse : Aux rigueurs du ministre opj)osanl l'attentat , Un seul homme opprimé lit les maux de l'etaî.

s Ai:VT-P r ER RE.

J'entends toujours grondei ces foudres mugi-sanio^.

A MBLF.TUSE.

L'écho des mers répond sous nos voûtes trt-mbîantc^.

SAINT-PIERRE

Eh .' que peut désormais tout l'effort d'un grand c<vur Contre les noirs volcans d'un airain destructeui , Qui semble renfermer le dépôt du tonnerre , Et dont le seul Anglois effraye encor la terre • M«is qui» de^ nation* réglant blentAt le sort.

i44 LE SIEGE DE CALAIS.

Dans le monde étendra l'empire de la mort?

Monunieut infernal d'an siècle d'ignorance,

Où l'art de se détruire est la seule science !

Grand Dieu, c'est pour punir les crimes des humains,

Que du feu de l'enfer tu viens d'armer nos mains -.

Et lu peux t'en remettre à nos cœurs sanguinaires

De rendre ce fléau plus mortel à nos frères.

Amblétuse, le bruit est soudain suspendu.

AMBLÉTUSE, après avoir écoute un momeut.

O silence effrayant !

SAINT-PIERRE

Ami, tout est perdu.

Te ne vois point flotter l'étendard de la gloire , Qui devoit sur la tour m'annoncer la victoire.

AMBLÉTUSE,

Il n'en faut point douter, nos guerriers sont vaincus.

SAINT-PIERRE

S'il est vrai, je frissonne... Ah ! mon fils n'est done

plus.

Il n'a jamais su fuir : sa chaleur indiscrète Voit comme un déshonneur la plus sage retraite : Il est mort; et mes pleurs... Quefais-je ? O mon pays.' Quand je t'aurai sauvé je pleurerai mon iils.

Amour de la patrie , 6 pure et vive flamme , Toi , mère des vertus ; toi , l'ame de mon ame , Rallume dans mon sein tes transports généreux ; Que mes pleurs paternels soient séchés par tesfeuxi C'est mon pays , mon roi , la France qui m'appelle , Et non le sang d'un fils qui dut mourir pour elle. ( a Amblétuse. ) Courez à nos remparts , allez tout éclaircir.

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