AURELE
J'en conserve , mon père, en ces moments funestes.
Assez pour lionorer et vendre cher ses restes;
Et pour tenir peut-être à nos fiers ennemis
Ce qu'en d'autres combats mes essais ont prorais.
i5o LE SIEGE DE CALAIS.
De mes'sens trop émus excusez la foiblesse.
^ il s'assied , sou père le seri'e daus ses Lras. ) Vos yeux baignent mon front de larmes d'alégresse: Que ne puis-je en triomphe expire i dans vos bras ; Vous montrer ces remparts sauvés par mon ti'épas; Donner, en vrai François , à mon teure dernière , Mon sang à ma patrie , et mes pleurs à mon père .'
(à Aliénor. ) Madame , savez-vous le nom de mon vainqueur ? Sous le bras d'un héros je tombe avec honneur. Je défendois Harcourt mourant sur la poussière ; Un guerrier m'a blessé... J'ai reconnu son frc-re ; Dans cet instant fatal ils se sont vus tous deux... Jugez si le mourant est le plus malheureux.
ALIÉNOR
CieJ ! tu veux lui choisir les plus chères victimes : Qu'il doit être effrayé du bonheur de ses crimes .'
A M B L E T u s E , ù Saint-Pierre. Ami, les Chefs du peuple , en ce moment d'effroi , Sur leurs derniers devoirs viennent prendre ta loi. SAiNT-piERREj faisant signe cju'ou les laisse entrer. ( à Aliénor. )
Rendez-leur votre père en gouvernant leur zèle. Que votre sexe en vous ait toujours un modèle : Souverain des François, il peut tout sur leurs cœurs. C'est lui qui fait souvent leur gloire ou leurs malheurs ; Et lorsque les vertus sont un droit pour lui plaire , Eu aimant la patrie il nous la rend plus chère. D'un peuple sans espoir éclairez la valeur ; Vous êtes son oracle , il consulte l'honneur.