I.EîrTUI.US
Qu'elle adore! dis-tu? Sors d'une erreur si vaine, Dont mes regards jaloux m'ont détrompé sans peine. Je nai pu qu'en l'aim int la revoir en ces lieux. ( Autant que peut aimer un cœur ambitieux. ) Dans cet aveu flatteur que je viens de lui faire Je me suis étonné de me trouver sincère. Mais, par un trait suhtil avec art préparé, Sur mes soupçons confus je me suis éclairé. Malgré tous ses détours sondant cette ame sombre. De ses profonds replis je viens de percer l'ombre. Je peins Sextus perfide , et ne puis la ti'oubler ; Je peins Titus mourant , et je la fais trembler ; Il ne m'en faut pas })lus pour éclaircir mes doutes. Juge eucor si je crains l'amant que tu redoutes. C'est Titus qu'elle adore , et qu'elle croit haïr ; Il dédaigne ses feux, elle veut l'en punir:
i6 ACTE I, SCENE V.
Mais sa haine , bientôt en repentir changée, Tournera sur Sextus dès qu'il l'aura vengée : Bourreau de ce qu'elle aime, il va lui faire horreur, Et l'amour peut se plaire à m'en voir le vengeur. Je ne crains dans Sextus qu'un conjuré timide , Qui toujours chancelant peut devenir perfide. Cette vertu du peuple inconnue à la cour. L'amitié , dans son cœur combat encor 1 amour. Mais , pour en étouffer le dangereux murmure , Rendons l'amour jaloux, et sa victoire est sûre.
FIN DU PREMIER ACTE
TITUS