SCENE PREMIERE
îj E XTUS , ce jour affreux est donc enfin venu Que l'amour a marqué pour terme à ta \ertu : Il revient ce héros que tu chéris , qui t'aime , A qui tu dois peut-être encor plus qu'au ciel même ; Lâche I il vient dans ton sein déposer son bonheur, Et tu lui temls les bras pour lui percer le cœur ! Ah! Titus, lorsqu'en proie a l'amour qui l'enivre, L'univers expirant semble avec toi revivre : Sextus, ton cher Sextus , le peuxrtu croire , hélas ! Pleure seul de te voir échappé du trépas î Oui^ lorsqu'aux dieux pour toi tout s'offroil en victime, Je desirois ta mort... qui m'épargnoit un crime. Sourds à mes vœux cruels, les dieux t'ont ramené.... Me voilà sans espoir aux forfaits enchaîné. Si je romps le serraent par qui l'amour me lie. Je perds cette beauté , seule ame de ma vie; Je la vois en fureur passer en d'autres bras ; Je la perds pour Titus que je ne sauve pas. Cette femme implacable et mon rival barbare... Mais il vient épier le trouble qui m'égare. Le perfide ! il m'obsède enoor plus que jamais : Ses yeux au fond des cœurs dérobent les secrets.
i8 TITUS.
Ne nous contraignons plus , et parlons-lui sans
feindre , J 'en dévoilerai mieux les coups qu'il enfaut craindre.