SCENE IL EDOUARD, HARCOURT
EDOUARD
Je te dois cette heureuse conquèle, Prémices des lauriers que la gloire m'apprête. Ton zèle, de mon fils guidant la jeune ardeur , Joint l'éclat des talents au feu de sa valeur. Ecoute; il faut qu'ici, dans l'essor de ma joie. Mon amour pour la France à les yeux se déploie. Tu sais que, sur son trône abandonnant mes droits , J'approuvai le décret qui couronna Valois. L'Aquitaine dès lors, mon antique héritage. Envers ce nouveau priace exigeoit mon hommage : Devoir honteux dont rien ne pouvoit m'affranchir ! J'en rougis ; mais les temps me forcoient de fléchir : Je parus... Mon rival , ivre de sa victoire , M'éblouit , m'indigna , m'accabla de sa gloire. L'éclat de son empire, avec faste étalé, Me montra tous les biens dont j'étois dépouillé •. Mes yeux , voyant de j)rès et son peuple et son trône , De mes pertes ooufus, dévoroient sa couronne : Et quand mon vain devoir jura de la servir, Je sentis que mon cœur fît vœu de la ravir. O supplice éternel d'une ame ambitieuse ! Quel tableau...! Je sortois de mon isle orageuse , Climat toujours sanglant, 2)ar la nécessité Des querelles du trône et de la liberté; Où le peuple, rival et tyran de son maître, Veut qu'il le reude heureux et refuse de l'être.