EDOUARD, HARCOURT
EDOUARD
Quoi ! je veux pardonner , on me force à punir : Je vois par mes bontés tous les cœurs s'endurcir. Savez- vous bien quel prix j'ai mis à ma clémence ? Je vonlois vous nommer vice-roi de la France, DE EELLOI.~ I. ^^
i8a LE SIEGE DE CALAIS.
Par riiymen d'Aliénor combler voti-e bonheur :
Elle a refusé tout.
HARCOURT
Elle l'a dû, seigneur.
Puis-je me plaindre, hélas! de sa vertu sévère....^
Si j'accepte vos dous je vends le sang d'un frère.
Non, il n'est qu'un seul prix qui convienne à mon sort :
Sauvez ces malheureux pour qui mon frère est mort;
Leur supplice est ma honte , et mon cœur le partage ;
La mort de Régulus déshonora Carthage.
( très vivement. )
Craignez qu'un même affront ne vous couvre aujourd'hui.
Ceux que vous immolez sont aussi grands que lui :
Aux mêmes intérêts leur cœur se sacrifie ,
A la gloire , à l'amour , au bien de la patrie.
Vous , sur qui l'héroïsme eut des droits si sacrés,
Vous n'êtes plus voas>-même... ou vous les admirez.
Yotre ame en les perdant gémira la première.
Vous démentez le cours de votre vie entière.
De ce t égarement n'osez- vous revenir ?
Quel faux honneur encor semble vous retenir ?
Seigneur, à tout mortel l'en-eur est excusable;
Un prince y peut tomber sans devenir coupable;
Il l'est , si sa fierté refuse d'en sortir.
Vous voulez me quitter et croyez me fléchir ! Vous pensez pour autrui désarmer ma vengeance, Quand vous vous apprêtez à trahir ma clémence .' Non, non. Avec plaisir je perds '^^•cs malheureux. Puisque c'est vous, ingrat, que je punis sur eux.
HARCOURT
Ingrat...! Qu'ai-je reçu j)our prix de mes services P 3'a.spire à vous sauver d'horribles injustices ;