LES TROIS AUTRES BOURGEOIS
OSAïNT-PIERRE.
MON FILS ! mes amis, qui l'eût pensé jamais, Que nous habiterions ce séjour des forfaits.^ Ah I sans doute avant nous ces chaînes flétrissantes Ont courbé sous leur poids les vertus gémissantes : ]VIais combien de mortels voudroient nous disputer Nous ravir aujourd'hui l'honneur de les porter ! Que je te dois d'encens, souverain de mon être ! Pour quels brillants destins ta bonté me fit naître I Si dans l'obscurité tu plaças mon berceau , Les rayons de la gloire entourent mon tombeau. Je vois ce noble éclat , étendu sur la France, Des siècles reculés franchir l'espace immense ; Et Calais recevant de vingt peuples jaloux Un hommage immortel qu'il ne devra qu'à nous. Jouissons, mes amis, de notre heure dernière, Et des fruits qu'elle laisse à la patrie entière : Dans le sein l'un de l'autre épanchons à loisir Ces délices du cœur, ces larmes de plaisir,.
i86 LE SIEGE DE CALAIS.
Qu'après le beau succès de leurs efforts suprêmes Répandeut les vertus contentes d'elles-mêmes.