‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 161 sur 361 · M AU NI, LES SIS BOURGEOIS · texte numérisé non relu

M AU NI, LES SIS BOURGEOIS

M A u N 1 , à Saint-Pierre, en lui prenant la main. Je viens, digne François, l'apporter des tributs Que le plus juste orgueil n'auroit pas attendus. Nos chevaliers Anglois, jaloux de ton courage ; Me députent vers toi pour t'offrir leur hommage : S'ils n'offensoient leurprince,aufond de ces cachots Tu verrois à tes pieds cette cour de héros. Mais libre en. t'admirant, comme en jugeant ton

maître, Londres va désirer de t'avoir donné l'être.

(aux six bourgeois. ) Votre amour pour vos lois et pour votre pays D'un peuple juste et fier enchante les esprits. L'Anglois est citoyen; et sa raison suprême Veut qu'une nation se chérisse elle-même ; Le lien fraternel qui joint tous les humains Se serre en chaque état par d'autres noeuds plus

saints : Je sais que , mis au jour, nourri par l'Angleterre, Je lui tiens de plus près qu'au reste de la terre : Je vois les mêmes nœuds de la France à ses fils. Je hais ces cœurs glacés et morts pour leur pavs , Qui , voyant ses malheurs dans une paix profonde, S'honorent du grand nom de citoyens du monde,- Feignent dans tout climat d'aimer l'humanité, Pour ne la point servir dans leur propre cité : Fils ingrats , vils fardeaux, du sein qui les fit naître , Et digues du néant par l'oubli de leur être.

SAINT-PIERRE

N ous l'a voùrons sans fard; mourant pour les François,

i88 LE SIEGE DE CALAIS.

Nous espérons laisser des noms chers aux Anglois : Plus rivaux qu'ennemis d'un peuple magnanime , Notre plus beau laurier, seigneur, est son estime.

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