‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 166 sur 361 · ACTE IV, SCENE IV. igi · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV. igi

Partez , opposez-vous à ce dangereux soin ; Qu'on permette ma mort, l'état eu a besoin. Vous voyez cette guerre , en disgrâces féconde , De nos débris fameux couvrir la terre et l'onde ; Chez les Iraucois toujours l'excès du sentiment Augmente le bonheur, rend le malheur plus grand. Peu faits aux longs revers, las de voir leur courage Servir à leur défaite et hâter leur naufrage , Dans un dépit amer, hélas ! ils ont pensé Que le siècle est déchu , que leur règne est passé. Mais qu'il s'élève enfin dans cette erreur commune Vne ame inébranlable aux coups de l'infortune, Digne de nos aïeux et de ces temps si chers Où les lis florissants ombrageoient l'univers , Et vous verrez soudain par tout ce peuple avide Saisir, suivre , égaler son audace intrépide ; Devenus ses rivaux de ses admirateurs , Son noble enthousiasme embrasera les cœurs : Indignés d'avoir pu désespérer d'eax*-mème , Ils forceront le sort par leur constance extrême , Et peut-être à l'état rendront un plus beau jour Que ces jours qu'ils croyoient regretter sans retour. Voilà de notre mort les fruits inséparables ; ÎSotre sang va par-tout enfanter nos semblables,

amblétuse.

Bien plus : si du destin les nouvelles rigueurs Chez nos neveux un jour ramenoient nos malheurs. Du héros de Calais l'impérieux exemple , Que la gloire à leurs yeux offrira dans son temple, Jusques au fond des cœurs attendris et confus Ira chercher l'honneur, éveiller les vertus , Et dans les citoyens du rang même où nous sommes Déployer le génie et l'ame des grands hommes. C'est ainsi qu'un mortel , surpassant ses souhaits, Par une belle mort se survit à jamais ; Et qu'après un long cours de siècles et d'années,

iga LE SIEGE DE CALAIS.

De sa patrie encore on fait les destinées.

ALI ÉNOK.

O courage! 6 vertu! dont l'héroïque ardeur Etonnant la raison , s'empare de mon cœur. Ils font presque approuver à mon ame ravie Et désirer pour eux ce trépas que j'envie. Valois leur devra tout... et souvent en effet Le sort des souverains dépend d'un seul sujet. Harcourt trahit son prince, et d'Artois l'abandonne; Un maire de Calais raffermit sa couronne ! Quelle leçon pour vous, superbes potentats l Veillez sur vos sujets dans le rang le plus bas : Tel qui , sous l'oppresseur, loin de vos yeux expire, Peut-être quelque jour eût sauvé votre empire. Malheureux, fiez- vous auy-ifureurs d'Edouard ; Les offres de Valois arriveront trop tard.

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