ALIENOR, LES SIX BOURGEOIS
ALIENOR
Ah ! du cœur d'Edouard c'est en vain qu'il espère; Il est inexorable , et tout craint sa colère : Tel est son ascendant sur l'esprit des soldats , Qu'il réduit l'Anglois même à murmurer tout bas : On blâme sa fureur, mais elle est obéie. Mes cris, mon désespoir , mes refus , l'ont aigrie. Hélas ! votre salut en mes mains fut rerais : Mais je rougirois trop de vous dire à quel prix...
SAINT-PIERRE
Yous avez fait le cboix qu'on nous aui oit vu faire ; IN 'en parlons plus. Quel est le sort de votre père .►'
Lui seul pour vous encor me peut faire entrevoir La tremblante lueur d'un foible et doux espoir. Edouard , consojnmant ses affreux sacrifices , Vouloit que ce héros partageât vos supplices... Ah .' cessez d'en frémir. Attendri par mes pleurs , Son Hls a prévenu ce comble des horreurs. Par ses soins , près du roi , mon père se va rendre Et, pour vous délivrer, il veut tout entreprendre. Yous connoissez Valois , et le tendre retour Dont son cœur paternel a payé notre amour. Oui , dût-il pour vous seuls céder une province, Des sujets tels que vous valent le plus grand prince ; Il va mettre à vos jours le même prix qu'aux siens, Et la rançon des rois est due à leurs soutiens.
SAINT-PIERRE
Inspire mieux mon maître , 6 puissance céleste J Et défends sa bonté d'un conseil si funeste.