SCENE PREMIERE
AVOGARE, BAYARD, suite db FRi.iTçois.
(Bajard donne, en entrant, son bouclier et sa lance à sva e'cuver. )
DAVO GAaE, u camp vénitien les foudres impuissants "Vont en vain seconder les efforts des Bressans • Nous bravons désormais une ville rebelle ; Vous êtes avec nous , les dangers sont poiir elle j Votre seule présence affermit ce rempart ; On ne prend plus un fort ou commande Bayard. Voyez sur tous ces fronts la confiance empreinte ; L'alégresse en mon ame a remplacé la crainte. Moi qui suis né Bressan, mais dont le cœur français A votre prince , à vous, s'est donné pour jamais ,
De mes concitoyens et de mes premiers maîtres J'ai craint le coup fatal qni menace les traîtres. Vous venez en ce jour sauver ma fille et moi .' Un héros a donc su , pour nous prouver sa foi, Avec un escadron percer toute une armée 1 En dois-je être surpris après sa renommée .'* Bayard a-t-il jamais compté ses ennemis? Bayard a-t-il jamais négligé ses amis.-*
B A.YA.RD
Tous les objets sacrés de mon culte suprême, Dieu , la France , l'honneur, l'amitié , l'amour même , De Milan, vers ces lieux , ont fait voler Bayard : Mais, sans votre constance, il arrivoit trop tard. François, recevez tous mon légitime hommage. J'ai peine à concevoir que l'excès du courage Ait, douze jours entiers, contre trois camps unis , Défendu des remparts si foiblement munis. Heureux, dans le moment qu'une atteinte cruelle, Enchaînant de Durfort la vaillance et le zèle, Ravit à vos besoins et sa tête et son bras , Que je puisse m'offrir pour père à ses soldats! J'ai visité ce fort. On cache aux cœurs timides Un péril qu'on avoue aux âmes intrépides. Si Gaston, dans cinq jours, ne vient nous secourir,. Au même lit d'honneur nous pouvons tous mourir. Ce prince est triomphant, Bologne est délivrée; Mais par un long chemin Bresse en est séparée : N'espérons qu'en nous même , et sachons tout braver ; Mépriser notre vie est l'art de la sauver. Un des chefs assiégeants, que sa vertu renomme, Urbin, neveu chéri du pontife de Rome, Exige un entretien dont je me sens confus ; Il vient m'offrir la honte , et doute d'un refus ! Prêtons à la valeur l'appui de la prudence ; Près du palais des ducs la place est sans défense,- De la mollesse altiere abattez les lambris,