ACTE I, SCENE VII
Que Naples lui destine, et que Louis lui donne,
"Vient de m'encourager par des bienfaits nouveaux
A tromper l'amitié de ce jeune héros;
Il me rend en secret le duché d'Altémore ;
Du nom de vice-roi sa main me flatte encore :
Mais par un soin plus cher je me sens enflammé ;
Nemours est mon rival , et mon rival aiaié.
AVO G A. RE
Va, je le soupçonnois, lorsque ma loi sévère
A la naissante ardeur prescrivit le mystère :
De ta contrainte, ami, vois les heureux el/ets;
Euphémie et Gaston te livrent leurs secrets :
Ils ignorent ma haine et notre intelligence.
Mais pourquoi leur amour dans l'ombre du silence.,..'
A T^ T h M o R E , vivement.
Nemours à son amante a voit donné sa foi De ne rien déclarer sans l'aveu de son roi ; Il vient de l'obtenir, et mes justes alarmes...
AVO G A R E
Pour combattre leurs feux j'ai de puissantes armes. Quand Bavard apprendra qu'on cherche à lui ravir Celle qu'en digne amant il croyoit obtenir; Lui , dont le bras vengeur, disputant Euphémie, Du lier Sotomaiore a terminé la vie...
A I. T jÉ M O R E , très vivement.
Ciel ! je vais l'un par l'autre immoler mes rivaux ! France , en les divisant , on perd tous tes héros ; Par leurs jaloux débats nous donnant la victoire , L'amour, pour les aigrir, est plus fort que la gloire, De la même beauté quand leurs cœurs sont épris. Il ne faut qu'un regard pour perdre deux amis.
AYO GARE.
Ahî si l'amour entre eux n'arme point la vengeance,
Il va des grands objets distraire leur prudence,
Et détourner leurs soins, par un désordre heureux,