‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 198 sur 361 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

AVOGARE, FUPHEMIE.

oy père...!

A V O G A R E , en fureur.

Non. Ma haine en est plus affermie.

euphémie.

Croyez que vos secrets gardés par Euphémie»..

Va, tu m'en répondras , puisqu'ils sont dans ta main : Je vois que tu sais tout, et je nirois en vain. Quel perfide à tes yeux dévoila ce mystère .**

EUPHÉMIE

Un mortel vertueux dont le nom se doit taire.

AVO GARE

.Te saurai le connoître ; il mourra par mes coups, (plus tranquillement. )

Mais Gaston >s'est flatté de se voir ton époux : Il croit que tu réponds au feu qui le dévore.

EUPHÉMIE

Eh ! peut-il se tromper quand il croit qu'on l'adore ? Mon ame s'ouvre à vous pour mieux vous attendrir. AA'ant de voir Nemours j'appris à le chérir ; Au récit de sa gloire en tous lieux répandue ,

D un trouble iatéressaut je me seûtois émiie : Au bruit de ses périls on me voyoit pâlir ; Ses exploits en secret sembloient m'enorgueillir: Mon cœur vers ces climats appeloit sa vaillance ; J'osois lui souhaiter, daus mon impatience, Des triomphes nouveaux, de nouvelles vertus, Et mes vœux chaque jour se voy oient prévenus. Les lauriers d'Agnadel venoient d'orner sa tête, TiOrsque par un assaut Bresse fut sa conquête : Vous vîtes sa valeur, sa grâce , ses bienfaits , Enchanter tous les yeux surpris et satisfaits; Comme il daigna pleurer sur le sort de mon /rere, Victime , en cet assaut, d'un zèle téméraire J Mais avec quel respect ses dons consolateurs V^ersoient autour de nous l'oubli de nos malheurs Vous en fûtes touché. Bayard, en son absence, Ignorant notre amour, brigua notre alliance; Je n'eus point de raison pour rejeter sa foi Tant que Nemours m'aima sans l'aveu de son roi. Hélas ! à s'enflammer la passion plus lente Dans une ame sévère en est plus violente; Bavard re cède point. Ciel ! vais-je être aujourd'hui Un flambeau de discorde entre iNemours et lu ? Mais un plus grand danger m'aiarme pourmon père : On va de vos coujplots pénétrer le mystère ; Et qui sait si Louis , après vos noirs détours , Voudra permettre encor Ja clémence à Nemours.'' Ah ! pour vous faire un droit à leur bonté sujuème , Abjurez vos fureurs : avouons-les nous même ; Il n'est point de pardon que ne puisse obtenir L'amour mêlant ses pleurs à ceux du repenlir.

AVOGARE.

Qui."* moi! sacrilîer à ton indigne flamme Le plaisir de venger et mon lUs et ma femme î N'as-tu pas vu ton frère, en ce même palais , Expirer à tes pieds sous les coups des Français .'

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