ACTE II, SCENE III. 3i
GASTON
lîayard !
£UPHEM2E, à Gaston.
Eh ! modérez...
B A Y A R D , avec liumeur.
Vous l'aimiez, Eupliémie?
Vous me cachiez vos feux .' Et j'en suis plus jaloux. Mais respectez ici les droits que j'ai sur vous : La foi de votre père à ma foi vous engage , Et je sais conserver le prix de mon courage. GASTON, vivement.
( eu montrant Euphemie. ) Mes titres sont égaux, mon courage, et son choix. ( plus traiiipiillement. ) Nemours, comme Bayard, sait conserver ses droits.
B AYAR D.
Eh bien! seigneur, il faut... Mais mon devoir ui'ii'i-
pose; Votre nom, votre rang...
GASTON
Mon rang ? Je le dépose :
Et l'amour et l'honneur vous rendent mon ég:il.
B AY A RD
Ah ! vous m'êtes plus cher que mon premier rival .
GASTON
Comment."* Que dites-vous .►*
BAYARD, avec force.
Ce qu'Euphémic ignore; J'ai disputé sa main contre Sotomaiore ; Armé par Taraour seul , j'immolai ce guerrier.
GASTON
Les exemples , Bayard , ne peuvent m'effrayer. Mais j'ai dû vous entendre, et ce mot doit suffire. ( aux chevaliers. ) Vous , aux postes fixés que chacun se retire ;
Et qu'on attende en paix le moment de l'assaut.
( Les chevaliers ne se retirent pas ; ils paroissent agités , et
parlent Las entre eux. Tsemours continue en prenant
Bavard par la main. ) Je vous connois un cœur et trop juste et trop haut Pour oser soupçonner que jamais la patrie Souffre de nos débats, et soit plus mal servie. Je vous charge , Bayard , d'observer de plus près Mon ordre de bataille, et mes desseins secrets. ( il lui remet le plan roulé. ) Voyez si ma jeunesse a trompé ma prudence; Ouvrez sur mes projets l'œil de l'expérience. Quand nous aurons vaincu pour l'honneur de l'état, Je verrai si le mien veut un autre combat.
BAYARD, ému.
Seigneur...
GASTON
Allez, Bayard.
( Bavard sort ; les clievaliers le suivent. )