‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 207 sur 361 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

GASTON, EUPHEMIE, AVOGARE.

AV O G A p. E.

Ah l prince , pardonnez ma fatale imprudence ; Il est vrai, de Bavard j'ai llalté l'espérance : Croyois-je que Nemours descendroit jusqu'à nous ? Bayard menace en vain, Euphémie est ;i vous.

GASTON

Comte , j'ai renfermé la flamme la plus pure , Tant qu'un refus du roi pouvoit vous faire injure : C'est pour vous l'épargner qu'en pressant ce lien Même avant votre aveu j'ai recherché le sien. Ne craignez point Bayard , je défendrai mon père ; Puissent mes tendres soins et mon respect sincère Rendre , après tant de pleurs , un fils à votre amour î

AV O GARE

Mes pleurs vont être enfin essuyés en ce jour. O mon fils .' recevez ce doux nom qui m'honoie. (^il l'embrasse. )

EUPHEMIE, à part.

lU'e-nbrasse à mes yeux quand je sais qu'il l'abhorre !

(à ]Nemours. ) Non , cher prince ; cessez de m'offrir votre main : Ah! mon père sait trop que je vous aime en vain. Sans ce fatal combat que mon malheur prépare ,

34 GASTON ET BxVYARD.

Un destin plus cruel aujourd'hui nous sépare : Toujours par un malheur un autre est amené , Et l'infortune encor cherche l'infortuné. A V O G A R E , bas, à Euphémie.

Oses-tu bien...?

GASTON, à Euphémie.

Quoi donc .'* EUPHÉMIE, avec embarras , et regardant quelquefois sou père.

De nos Bressans rehelleà Vos yeux vont démêler les trames infidèles, Et votre bras vengeur est prêt à les punir. Ma famille est dans Bresse, et le sang peut m'unir A des cœurs criminels, proscrits avec justice; Mais dont vous me verriez partager le supplice.

GASTOlî, à Avogare.

Mon père, et vous aussi, craignez-vous que mon

cœur Sur ce qui vous est cher n'étende sa rigueur ?

(à Euphémie.) Le neveu de Louis , armé par sa vengeance , N'est-il pas en secret chargé de sa clémence .-' Ah ! qui versa des pleurs tremble d'en voir couler ; Et plus on a souffert, mieux on sait consoler. Louis , dans le reflux d'une cour orageuse , Vit le sort opprimer son ame courageuse; Il pleura près du trône où l'appeloit son rang ; 11 parvint aux vertus comme au suprême rang, Par une route, hélas! aux rois trop peu commune. Par cet heureux sentier de l'utile inforlune ; Son cœur, qui la connut, est plus tendre à sa voix; Le meilleur des humains est le plus grand des rois : Et moi , dont ses revers ont assiégé l'enfance , Par les mêmes leçons j 'appris la bienfaisance,

EUPHEMIE.

Quoi ! vous pardonneriez à l'aveu du forfait....**

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