SCENE VI
GASTON, EUPHE-MIE, AVOCAllE, ALTEMORE.
ALTtMORE, à Gaston.
Prince , Bayard pour vous m'a remis ce billet.
G A s T o W le prend et le lit.
« Lorsque l'on lit outrage, et qu'il faut qu'on répare, « On doit sans différer satisfaire un grand cœur; « Prince , j e puis mourir dans l'assau t qu'on prépa re " Et ne veux point mourir comptable envers l'honneur :
'< Que mon cbef lui-même choisisse « Les armes , les témoins , et les juges du camp ; a Qu'il hâte un beau moment de gloire et de justice, « Je me crois son ami , même en le provoquant. »
Reconnoit-on Bayard à ce nouvel outrage ?
GASTON
Je reconnois lamonr , la seule erreur du sage.
( à Altemore.) Qu'il .s'apprête à l'instant, et que pour ce combat...
euphÉmie, impétueusement .
Non, je cours m'opposer à ce double attentat,
(regardant son père. ) Le plus pressant péril doit entraîner mon anie :
•' à Gaston.) J'éclairerai Bayard sur les droits qu'il réclame; Il verra qu'en voulant tyranniser mon cboix , Des dignes Chevaliers il foule aux pieds les lois ; Que , s'il se perd lui-même , il trahit sa patrie : Que, s'il tranche vos jours, il m'arrache la vie. Dans le fond de son cœur je prendrai pour ap{)ui
L'orgueil queiiiet un sage à triompher de lui; J'oserai me servir de ce pouvoir suprême Que l'objet qu'on adore a contre l'amour même : Et si lant de devoirs sont bravés sans égard. Le vainqueur de INemouis... ou celui de Bavard N'emportera, pour prix de sa gloire cruelle . Que la publique horreur et ma haine éternelle.
(elle sort.)