SCENE V
BAYARD , ALTEIVIORE , soldats italiens.
ALTEMORE , aux gardes de BavarJ.
Nemours vous mande , amis ; Bayard est sous ma
garde , La défense du fort désormais me regarde,
( il leur fait signe Je sortir. Ils sVn ^ont. } BAYARD.
Quoi ! vous quittez Nemours?
altÉmore, à Bavard.
C'est lui qui l'a voulu.
( il sa suite. ) Attendons le signal , ou tout seroit perdu.
( à Bavard. ) Nemours tremble pour vous ; l'orage se déclare. Lorsque dans son palais j'ai conduit Avogare , A ma garde enlevé par ce peuple séduit, Il a saisi , pour fuir, la faveur de la nuit : Et peut-être en ces lieux , du fond de sa retraite Il tend par ses amis quelque embùclie secrète.
BAYARD
Ses amis comme lui se pourront découvrir ; Le crime à force d'art parvient à se trahir.
altÉmore , avec muliguite'.
J'en doute. Mais du moins par cette expérience Tous vos chefs connoitront enfin la défiance ; L'impétueux François ignore les détours ; Son ame est dans ses yeux et passe en ses discours; Soit fierté , soit foiblesse , il ne peut se contraindre; L'éclat de ses transports avertit de les craindre. Ici, l'homme plus calme en concentre l'ardeur, Dans des replis profonds enveloppe son cœur ;
De ses traits à son ame il fait un masque utile : Et la haine en cet art est toujours plus habile ; Elle offre en souriant le front de l'amitié, Et d'un glaive couvert vous perce sans pitié.
( à part, j Le signal tarde bien !
BAYARD
Si je meurs par un crime, L'assassin tremblera , mais non pas la victime .• Au moment de frapper, peut-être l'inhumain Sentira que son cœur veut retenir sa main.
AltÉmore, à part.
Il dit vrai. Mais n'importe. Ah ! que vient-on m'apprendre ?
(il se retire un peu en arrière.)