ACTE III, se EXE I. 3i
Les supplices fréquents en sont moins redoutables. Crois qu'il est dangereux de montrer aux mortels Combien dans l'univers il est de criminels : Le nombre sert d'exemple et d'excuse peut-être; Moins on voit de méchants, et moins on ose l'être.
xy m lU s , vivement.
Laissez le mécbant libre, il séduit les vertus. Eh ! pourquoi de l'exil rappeler Lentulus , Qui jeune, aux noirs complots prêtant sa sombre rage?...
TITUS
Eh bien ! s'il étoit jeune , il faut excuser l'âge.
Mais, depuis son retour, cent bruits injurieux Qu'ont répandus sur vous ses projets factieux, Contre vos sages lois vomissant l'imposture...
TITUS
Qu'importe un vain discours, un imprudent murmure ?
Si Rome le croit juste , il en faut profiter ; Si Rome le dément, il ne peut m insulter. Ta, cet ingrat m'apprête une gloire nouvelle; A force de bienfaits je le rendrai tideJe.
X y y IV s.
Vous trouvez cent raisons, Titus, pour pardonner. Et vous n en voyez pas quand il faut condamner. Je voudrois pour le vice une arae moins humaine : La rigueur le contient.
TITUS
La douceur le ramené, la fermeté sloïque endurcit ta vertu ; C'est 1 unique défaut que Titus t'ait connu. Parlons d'un autre soin qui me presse et m'agite. Il faut qu'envers mon peuple aujourd hui je m'acquitte.
Je vois , eu m'enchaînant par un nouveau lien ,
Tout ce qu'à mon amour vient d'imposer le sien.
Ce prix de mes bienfaits, que je reçois d'avance,
Les change en un devoir de ma reconnoissance.
Sur ce devoir si saint je me suis consulté ;
Et voici mon arrêt que mon cœur m'a dicté.
Qu'a produit à l'état l'exil de Bérénice ? Je n'ai fait qu'à demi ce jusle sacrifice : On croit que mes regrets lui réservent niji main, Tant que je n'en veux pas disposer en Romain. Bien plus... Aveu fatal...! Tu sais qui j'ai pour frère: Des peines de ma vie, ah! c'est la plus amere. O Rome ! ce cruel seroit-il donc un jour Le maître qu'à tes fiJs laisseroit mon amour .*' Eh quoi ! tous mes travaux n'auroient pu te produire Que la douleur de plus de les lui voir détruire ! Hélas ! j'ai vu de près ce sinistre avenir ; Aux portes de la mort tes maux m'ont fait frémir. Je voyois de l'état la perte inévitable Devenir de mes feux la suite déplorable. Triste erreur, que trop tard mon cœur croyoit
pleurer !
Le ciel me rend le jour, c'est pour la réparer.
ANN ID s.
Ah! je n'en doute point, c'est lui qui vous inspire Un projet dès long-temps l'espoir de votre empire. J'allois vous en parler. Mais , Titus , vos pareils Jamais sur leurs devoirs n'ont besoin de conseils • Sans attendre la voix de l'amitié sincère , Leur cœur est leur oracle et leur juge sévère. Votre hymen est, seigneur, le dernier de nos vœux : Les autres sont comblés ; et l'univers heureux IN'a plus à conjurer votre bonté suprême Que de vouloir pour lui vous survivre à vous-même
Mais dis-moi , pour fixer mon esprit incertain , A qui la voix publique a destiné ma main ;