ACTE II, SCENE IV
Et dois-je me flatter d'inspirer par mes larmes Les frayeurs d'une femme aux cœurs de trois héros? Vous allez vous placer sous le fer des bourreaux ; Maître une fgis de vous , ce monstre si sauvage Au seul assassinat bornera-t-il sa rage ?
( à Edouard et du Gucsclin , en leur montrant Doni Henri.
Vous le verrez tous deux lentement décliirer, Et vos vaines fureurs ne pourront que pleurer. Quoi ! Pedre, pour régner, n'a besoin que d'un crime, Et vous lui présentez sa dernière victime 1
( à Dom Henri. ) Mais vos destins ici décideront mon sort ; Si vous m'y préparez l'horreur de votre mort, A vos veux expirants je réserve la mienne ; Il faudra par devoir que ma main vous prévienne , Et je ne .servirai, grâce à mon seul secours. Ni de proie au tyran, ni de prix à vos jours.
Madame , où vous égare un désespoir extrême ? Songez-vous qu'avant lui je périrai moi-même.-'
BLA^fCHE, avec la dernière chaleur.
Oui, seigneur, je le sais, vous mourrez en héros : Mais vos malheurs de plus calmeront-ils mes maux .''
( avec un frémissement soudain.) Hélas ! sur ses périls lorsque je vous implore. Le péril du moment est plus terrible encore. Si Dom Pedre venoit! Hâtez- vous de partir : Ah I deux fois de ses mains espere-t-ou sortir .''
Partez , prince ; et bientôt vous me ferez apprendre Quels otages, quels soins , quel temps vous voulez
prendre.
Conduisez-le , Guesclin . jusqu'à ses pavillons : Moi, je cours vers le roi pour ôter tous soupçons^;
ii8 ACTE II, SCEN E IV.
DOM HENRI, à Edouard.
Ses pleurs m'ont désolé ; mais mon cœur persévère.
( à Blanche. ) *
Pais-je trop m'exposer pour une pai3»si cbere , Dont j 'attends votre main , et qui rompra ses fers ? Je hâte mon bonheur.
B L A WCHE.
Ou mon dernier revers.