DO M PEDRE, DO M HENRI, EDOUARD, DU GUESCLIN
EDOUARD, tenant Dom Henri par Ja njain. ( à Dont Henri. ) (à Dom Pedrc. )
Voilà votre roi, prince : Et voilà votre frère , Sire.
DOM PEDRE, à part, en regardant Dom Heijri. Déjà mon sang bouillonne de colère.
K D ou A R D.
Embrassez-vous.
( Dom Henri fait un pas vers son frère. ) DOM PEDRE.
Arrête ; avant cette faveur, Sachons s'il en est digne : écoutons-le. ( il se jette sur son sie'ge. ) DOM HENRI, à Eilouard,
Sa dureté.
Seigneur.
EDOUARD, arec de'pit.
Je suis le premier qu'elle offense.
Prenons place.
( ils s'assejent. )
DOM HENRI
Je garde un reste d'espérance :
Je vois, avec un cœur et des veux attendris, Ce spectacle nouveau pour l'univers surpris; Deux rois prêts à juger leur droit à la couronne, Avec les deux héros protecteurs de leur trône. DOMPEDRE, (jui s'est levé avec fureur aux mots île deux rois.
N'avilis point les rois. C'est aux usurpateurs
A flatter, par besoin, d'orgueilleux défenseurs : Un vrai roi ne connoit ni protecteurs ni maîtres ;
( en montrant Edouard. ) Mais il a des amis qui le vengent des traîtres.
( il se rassied Lrusquement. ) tDOUART», à Doni Pedre.
Seigneur, si chaque mot enflamme vos esprits , Comment traiter l'objet qui nous a réunis? C'est moi qui vais parler,daiguerez-vous m'entendit'?
( à Doni Henri. ) Mais je vais m'adresser à votre ame plus tendre. Eils de roi, des l'enfance on dut vous enseigner Quel sceau Dieu même im])rime à ceux qu'il fait
régner :
Son être sur la terre en eux seuls se retrace ; Us ont les droits du Dieu dont ils tiennent la place. Né de ces droits sacrés le premier défenseur. On vous en a rendu l'impie usurpateur.
Frère de votre roi , sans un double pai'jure, A-vez-vous pu trahir le trône et la nature? Vingt fois, en combattant ces deux titres si saints, Un double parricide a pu souiller vos mains !
( Dom Henri frémit. ) .Te veux fixer vos yeux sur cette affreuse image , Dont j'ai vu malgré vous frémir A'Otre courage. On vante votre cœur valeureux , bienfaisant , Des plus rares vertus exemple séduisant ; Chef, soldat , prince , ami , vous êtes mon modèle : Disputez-moi, seigneur, une gloire plus belle ; Préféions tous les deux , magnanimes rivaux , La probité de l'homme aux talents du héros. C'est par là qu'Edouard , honoré sur la terre , Expia les lauriers qu'il cueillit dans la guerre : Plus citoyen que j)rince, et docile à mon roi. Ses plus simples désirs sont ma suprême loi ; A son trône appelé du jour de ma naissance,