‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 284 sur 361 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

DOM PEDRE , DOM HENRI , îiDOUARD ,

Gardes.

EDOUARD

Non , je suis libre encor.

( à Dora Henri. ) Tous allez bientôt l'être.

( à Dom Pedro. ) Un des miens , dans ce trouble ayant su disparoitre, A vole jusqu'à moi ; m'a dit, qu'au même temps Qu'on écbangeoitleprinceà l'aspect desdeuxcamp.s, Vos escadrons, sortis de ces épais ombrages, Ont fondu sur l'escorte et ravi les otages. Vous violez ma foi , j'en demande raison ; Renvoyez Transtamare, et rendez-moi Bourbon A l'instant.

DOM PEDRE.

De quel droit viens-tu , dans leurs provinces. Dicter arrogamment tes volontés aux princes.' Du rang de roi des rois qui t'a donc revêtu.»' Tu déieuds un coupable, et c'est là ta vertu. Pour ta foi , ce rebelle en trabissant la sienne , Envers lui sans retour a dégagé la mienne. Quand tu viens de lui rendre, au méprjs de mes

droits, Ce dangereux Guesclin qui m'a perdu deux fois , Comment esperes-tu que ma folle imprudence Te laisseencor Bourbon pour la rendre à la France.^ Je t'arrêtois... par grâce, et Aoulois prévenir L'affront que tu me fais , et qu'il faudra punir,

EDOUARD

L'étonnement , l'borreur suspendent ma fnrie.

Il est donc des mortels fiers de leur infamie! Tu m'oses demander quel droit mamene ici?

( avec une chaleur rapide. ) Je suis fils d'un monarque ; et je vins , comme ami, Pour l'offrir un secours dont je te croyois digne. Tu nous fais à tous deux l'affront le plus insigne; La vengeance est son droit, le mien ; et je m'en sers ; Je puis combattre un roi, j'en ai mis daus mes fers. Mais aux droits de monpere, à ceux de ma naissance, J'unis cent titres saints sur ta reconnoissance: Tu ne règnes , ne vis , n'existes que par moi. Songe au temps où tu vins, plein dehonte et d'effroi, Chargé de l'or d'Espagne et des mépris du monde, N'ayant dans l'univers d'autre asile que Fonde , Mendiant sur nos bords l'humble toit d'un pécheur, Et par-tout repoussé par la haine et l'horreur : Tu pleuras à mes pieds. Ton malheur f-ans courage D'un bonheur insolent devoit m être le gage. DOM PEDRE , revenant avec fureur de la confusion involontaire dont il se sent accablé.

O ciel ! de tant d'opprobre on ose me couvrir ! Tu crois qu'impunément tu m'auras fait rougir ?

Et toi , tyran , tu crois que je vais sans murmures Voir compter mes sermenls au rang de tes parjures? Que ton frère , à ma foi se livrant en héros , Ya passer de mes mains aux mains de tes bourreaux?

( prenant Doni Henri par la main. ) Ah ! fùt-il attaqué par ton armée entière , Il ne peut avant moi perdre ici la lumière.

A tes yeux à l'instant sa tête va tomber.

( il fait signe aux soldats d'avancer.) EDOUARD, taettant la main «ur son e'pe'e. Viens. Sous le nombre enfin s'il nous faut succomber.

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