‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 291 sur 361 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DOM PEDRE.

çll entre par la porte du fond : il est dans le plus grîind désordre , tète nue , sans cuirasse : il marche d'uu air sombre , tenant d'une main une coupe , de Tautre ui» poignard; il pose la coupe sur la talde, met le poiguani à son côté , et va s'asseoir à l'autre hout du the'âtre. )

V^iEL ! tu Tois ta justice... ou ta haine assouvie :

Je m'apprête une fin bien digne de ma vie.

Je fus donc en tout temps accablé par Guesclin •

II a pris et blessé ce tenible Africain.

Plus de camp, plus d'armée, il a su tout détruire,-

Ce fort, cette prison , voilà tout mon empire,

( il se lève. ) J'y suis maître de moi , de Bourbon , et du sort : Je vois entre mes mains ma vengeance et ma mort. Ce cruel avantage est le seul qui me re.sle ; Lui seul m'a fait survivre à ce combat funeste. Poison, glaive, instruments de me.s crimes patéss , Vous servez les tyrans , et vous les punissez.

i5o PIERRE LE CRUEL.

O cœur noui'ri de sang , que la rage dévare, A ton horrible soif le tien manquoit encore : I] va l'éteindre enfin. Mais à mon fier rival Le dernier de mes jours sera le plus fatal ; Oui , son amante et moi nous périrons ensemble ; Que la haine, l'amour et la mort nous rassemble. ( Il marche vers la petite porte , et s'arrête en voj^ant entrer Dora Fcmand.

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