DOM PEDRE , EDOUARD , DOM FERNAND
DOM PEDRE, avec la plus grande violence.
Yenez-vous m'accabler, Insulter à mes maux , en jouir, les combler? Qu'y manquoit-il enfin ? votre seule présence.
( ii se<rejette sur le fauteuil et sur la talJe.) tDOUARD, avec le plus grand flegme.
Qui , moi , vous insulter ? vous êtes sans défense : Je ne viens voir des maux que pour les soulager. Si vous étiez vainqueur, je viendrois me venger. Soutenir mon ouvrage est un orgueil peut-être : Mais si ce sentiment dans mon ame a pu naître , Qu'il y reste cacbé , je no veux point l'y voir. .1 e me crois amené par un noble devoir : Tranquille spectateur de ce champ de carnage , Enfin , j'ai vu la guerre avec l'horreur d'un sage ; Je veillois sur les jours de ce brave Africain , Près de moi, sans rançon, renvoyé par Guesclin; Mais du roi mon aïeul j'ai craint pour vous
l'exemple :
Je sais qu'en criminel l'Espagne vous oontemple,= Je veux que mon respect impose à son courroux Que l'on soit généreux, et non juste envers vous. Quand on saura , malgré tous vos droits à ma haine , Que le seul diadème et la domte et l'enchaîne , Vos peuples sentiront qu aux fers même livré , Le roi le plusT^oupable est un objet sacré.