‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 301 sur 361 · ACTE V, SCENE VIII. ijy · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VIII. ijy

Va, tu n'es point sujet lorsque ton frère est maître ; Le sceptre de Grenade au mien devroit s'unir ; Eh bien 1 je l'en détache ; et c'est pour te l'offrir.

D o M P E D Pi E , se levant.

O prodige touchant de l'amour fraternelle ! Il t'ouvre à la nature un coeur fermé pour elle : ( il s'approche entre Edouard et Dom Fernaud ■) Je dois te l'avouer ; la terre à mon orgueil N'offroit que deux séjours, le trône ou le cercueil : Et n'attendant de toi ni pitié , ni clémence , T'immoler et mourir fut ma seule espérance. On te laisse ignorer qu'ici , })ar le poison , Mon désespoir jaloux te ravissoit Bourbon : l'es veux, sans Edouard , la veri oient expirante ; Et, c'est un sceptre encor que Henri me présente ' Le prix du plus grand crime est le plus grand bienfait !

Eier Dora Pedre , va rendre hommage à ton sujet. (Eu fini>saut le dernier vers, il passe devant Feruand et Eilouard , ])Our aller à son frère. ^ DOM HENRI, faisant un pas pour rem}jra.«ser. Non , viens dans mes bras.

nOM PEDRE, arrachant le poignard qui est à la ceinture de Dom Henri , et voulant le frapper. Meurs.

EDOUARD

Arrête.

( il retient Pedre par le Lras gauche , tandis que Henri

tire l'épée , et se met en garde.)

( Du Guescliu tire aussi l'épe'e pour défendre Blanche.)

DOM PEDRE, menaçant Edouard de le frapper.

Orageextrémei Tremble.

Edouard recule un pas , met la main sur son e'pée ; alors Dom Pedre se précipite sur son frère , en disant :) Mourons tous deux.

j6o PIERRE LE CRUEL.

( mais il s^ enferre lui-même avec l'epée de Dom Henri, sans

pouvoir le percer de son poignard , parceque ce prince

repousse le coup avec la main qui lui est libre.)

DOM HENRI, désole' , et retirant promptenient

son épée.

Il s'est percé lui-même, BLANCHE, avec transport , en regardant Dom Pedre, qui est tombé dans les bras des gardes. Enfin , te voilà seul coupable de ta mort .'

DOM PEDRE.

Et je n'ai pu tous deux vous unir à mon sort !

(à Dom Henri.) Si j'avois vu du moins ton bras plus intrépide , Ton cœur digne du luien , souillés d'un fratricide, J'expirerois content. Je te laisse adoré , Triomphant, vertueux : je meurs désespéré.

BLANCHE, toujours avec l'édat de la joie. Quand tu punis le crime , 6 suprême justice , Fais-lui voir la vertu , c'est son plus grand supplice.

Tragédie en cinq actes.

ACTEURS

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