FAYEL, GABRIELLE. ALBÉRIC, ISAURE
GABRiELLE, à Isaure.
Soutiens-moi... Je frémis à sa vue.
Quelle contrainte ! 0 ciel !
FAYEL, à Albéric.
As-tu vu sa rougeur, Qu'efface tout-à-coup la plus morne pâleur.^ Ah .' mes yeux dans les .siens retrouvent-ils la joie
i:o GABRIELLE DE VERGY.
Qu'à son premier abord tout mon cœur lui déploie?
( à GaLrielle qui sVst approchée. )
Goûtez-vous en ce jour quelques fruits de vos soins ?
Nos sujets comptent-ils des malheureux de moins?
C'est pour vous que sur eux une loi plus humaine
De mon joug troj) pesant a soulevé la chaine :
J'épargne à votre cœur son plus cruel ennui ,
Ce malheur de souffrir par les malheurs d'autrui.
Puis-je espérer enfin que le soin qui m'enflamme...
GABRIELLE
Fayel , la bienfaisance est un besoin de l'ame : Heureux, elle nous rend notre bonheur plus doux , L'étend, le multiplie, en prévient les dégoûts : Malheureux, elle charme et suspend nos misères; On ressent moins ses maux en consolant ses frères.
FAYEL
Eh! quels maux si pressant.s cherchez-vous à calmer ? Quelle plainte, ou quels vœux pouvez-vous donc
former ?
La faveur des destins rassemble sur nos têtes Tout ce qui donne un prix à ce rang où vous êtes; Puissance, dignités , gloire , trésors , plaisirs, Tout prévient votre espoir, rien n'attend vos désirs. Cependant les ennuis , les regrets vous dévorent ; Il est des biens cachés que vos soupirs implorent: Et ce brillant éclat des jours les plus sereins S'est perdu dans la nuit de vos sombres chagrins. Ah ! si vous chérissez un époux qui vous aime , Si nos nœuds sont pour vous ce qu'ils sont pour luimême, L'univers n'offre rien, après des nœuds si doux , Won , rien à désirer ni pour moi , ni pour vous. ^ Mais par des pleurs encore allez-vous me répondre? Yosyeux en sont couverts, et semblent se confondre.
TS 'avez- VOUS point ma foi? Quel v:;in désir, hélas...'