‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 332 sur 361 · GABRIELLE, COUCY, ISAURE MONLAC · texte numérisé non relu

GABRIELLE, COUCY, ISAURE MONLAC

GABRIELLE, avec transport.

Chère Isaure... Ah! Monlac , sais-tu notre bonheur.^

M o N L ac.

Oui , madame, et déjà...

GABRIEL LE, à Isaurc.

Le voilà mon vainqueur , L'honneur des chevaliers , l'idole de la Fraiice.

.Ta i tout fait pour l'amour; est-il ma récompense.'* L'amante qu'enchainoit le plus tendre lien...

GABRIELLE, très vivement.

N'a d'arae que ton ame et d'être que le tien. Je renais avec toi dans ce jour plein de charmes; Et mes yeux épuisés trouvent encor des larmes ; Mais des larmes de joie, et de ces pleurs heureux Que depuis si long-temps nous ignorions tous deux. Mon cœur, séché d'ennuis , flétri par la tristesse , S'épanouit enfin dans sa pure alégresse. Apprends que de ce cœur rien ne peut t'arracher,

200 GARRIELLE DE VERGY.

Le temps serra nos nœuds loin de les relâcher; Mes chagrins conservoient cette empreinte si tendre Que sur le désespoir l'amour seul sait répandre. Ta perte, ton retour , ce prodige nouveau D'un cœur qui se donnoit au-delà du tombeau, l'out à mes yeux charmés te rend plus cher encore ; Plus que je ne t'aimois je sens que je t'adore.

(se reprenant avec la plus grande indignation contre ellemême. ) Que dis-je? Ah .'malheureuse ! Et vous , cruel! et vous, Qui savez que je suis sous les lois d'un époux , S'il ne vous reste plus, comme j'aime à le croire. De projets ni de vœux indignes de ma gloire. Pourquoi devant mes yeux venez-vous vous offrir.'' Ingrat i de mes douleurs cherchiez-vous à jouir .'' Tro])sûrqu en vous voyant mille atteintes nouvelles Rouvriroient de mon cœur les blessures mortelles.

c.ovc Y.

Moi , jouir de vos pleurs ou trahir vos vertus .'' Gabrielle, grand dieu! ne me connoit donc plus ! Elle apprend de l'ayel à devenir injuste. Va , mon ca^ur est encor le sanctuaire auguste Où brûla pour toi seule un feu toujours sacré, Aussi pur que l'objet qui l'a voit inspiré : Née avec ma vertu, non moins durable qu'elle, Comme monanie, enfin, ma flamme est immortelle. Mais sachez que je viens pour vous sacrifier Tous les vœux... votre aspect me fait tout oublier. Je sens plus que jamais dans mes veines brûlantes, S'irriter de l'amour les fureurs dévorantes. Je suis près de l'objet dont je fus adoré, O rage ! et sans espoir je m'en vois séparé ! A d'infidèles nœuds votre devoir vous livre -, Au jour de votre hymen j'ai dû cesser de vivre.

(avec la plus grande fumur. ) Que ne m'écrasiez-vmis, murs de Ptolémaïs,

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