ACTE lY, SCE?>"E II
Profitant du transport qui vient nous émouvoir. Promettons-nous de vivre , et de ne plus nous voir. Tandis que, loin des rois , je vais dans ces asiles Consacrer tous mes jours à des vertus tranquilles ; Sur un plus grand tbéàfre en triomphe porté. Oracle de la France et de l'humanité, Présentez aux mortels le llamheau du génie ; En éclairant le monde, honorez la patrie. Ami de votre maître, allez devant ses pas Etre encor son égide an milieu des combats : Et, de vos grands succès m'offraut toujours l'hommage , Quand l'amour vous viendra retracer mon image , Alors de vos vertus me crovant le témoin , Pour les accroître encor prenez un nouveau soin : C'est ainsi qu'éloignant l'ombre même du crime, Notre amour deviendroit un sentiment sublime, Et que , malgré l'hymen, le devoir et le sort , Nous pourrions à jamais nous aimer sans remord,
Où suis-je ! Quelle i-vTesse en mes sens excitée..! Par un torrent de feu mon ame est emportée. Que je sens de plaisirs et de tourments divers ! Quel cœur ra'avoit choisi ! Quelle amante je perds .' Son excès de vertu me désole et m'enchante. Vergy, par votre voix que la gloire est puissante I Quel est de la beauté le charme séducteur! Qui peut contre elle-même armer un foible cœur ! C'en est fait. Je dois compte au monde , à u:a patrie, Des trésors dont par vous mon ame est enrichie. Combien je serois vil de les ensevelir 1 C'est votre ouvrage en moi qu il me faut embellir. Sur d'être encore aimé , je renais pour vous jilaire; Je vivrai pour la France à nos deux cœurs si cheie , Pourtant d'infortunés, qui le sont moins que nous ; Je Aeux entendre dire à cent héros jaloux : DE BELLOI. 2. 12
?iS GABRIELLE DE VERGY.
« Raoul , s ins nul espoir, privé de Gabrielle ,
a Eut la force de vivre et d'être aussi grand qu'elle »,
GABRIELLE
Je reconnois Raou] ; ce glorieux vainqueur, S'il l'eût moins mérité, n'auroit pas eu mon cœur. Il est temps d'exercer ma constance et son zèle; ( d'un ton ëmu. ) Allons. Séparons-nous.
COUCY, eu frémissant et après un peu de silence. Mon courage chancelé.
GA-BRIELLE, le regardant avec fermeté.
Non , seigneur.
Pardonnez. Prêts à se séparer, Nos cœurs par plus de nœuds semblent se resserrer. Triomphe douloureux, plein d'horreurs et de charmes !
GABRIELLE
Eh ! me coiite-t-il moins .^ Dérobons-lui mes larmes.
( elle s'éloigne. ) C O TJ O Y , la suivant.
Ah ! je les sens tomber jusqu'au fond de mon cœur.
GABRIELLE, qui s'est arrêtée.
(^her Raoul... pour jamais... Hélas..!
( avec effort et vivement, en s'éloignant davantage. )
Adieu , seigneur.
COUCY, s'éloignant de son côté.
Adieu.
GABRIEL LE, à Isaure.
Toi , va l'aider à cacher sa retraite. ( il sort par la coulisse par lacpielle il est entré ; Isaure le «ait. )