‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 348 sur 361 · ACTE lY, SCENE IT · texte numérisé non relu

ACTE lY, SCENE IT

Malheureuse , sa mort commence ton supplice.

( il veut le percer. )

GABRIEL LE, se jetant sur lui.

Arrêtez.

ALBERlC, rarrètaiit .

Ah ! seigneur î

Ah ! tigre furieux , Frappe ; je meurs content, si je meurs à ses \iux. Mais ne fais point outrage à ses vertus suhlimes. l'"aut-il, pour ni'immoler, lui supposer des crimes.^ Qui.** nous ! contre tes jours tramer quelque dessein ! Sans doute., quand tes feux m'alloient i-avir sa main Si de ce coup fatal j'avois eu connoissance, Tu m'aurois vu bientôt, armé par la vengeance , Même aux yeux de son père, osant te défier, L'obtenir ou la perdre en digne chevalier. Mais toi , pour m'égorger sans armes , sans défeuse De forfaits inventés tu noircis ma vaillance ! Eh bien ! vil imposteur, j'ose te démentir , Devant la France entière , avant que de mourir, •le déclare innocents Monlac , moi, Gabrielle : Tu n'es plus son époux, tu t'es armé contre elle. La loi des chevaliers , que trahit ta fureur, A sa gloire, à ma mort, promet plus d'un veuf^eui.

La loi des chevaliers! c'est moi qui la réclame: Je respecte ton titre en méorisant ton ame. ( à ses gardes. ) ( à Ceucy. )

Qu'on lui donne une armure. Allons . au chan)p

d'honneur :

Ma justice y remet sou glaive à ma valeur. Je pourrois te punir, j'en ai le dr.)it sans doute; Tu croirois en mourant que Fayel te redoute.^ Non. François comme toi . l'honntur de me ven-er

M'offre un plaisir de pins à l'aspect du danger.

cou c Y.

Ali ! ton cœur une fois s'est montré digne d'elle ! Marchons.

GABRiEttE, se mettaut eutre eux.

Qu'allez-vous faire ? Et quelle horreur nouvelle ! ( à Coucj. ) Téméraire , arrêtez. Qui .•' vous .'' barbai'e 1 vous ! Plonger vos bras sanglants au sein de mon époux ! Vous .' charger ma vertu d'un affreux parricide ! Je maudis et l'amour et l'espoir qui vous guide. Votre abord eu ces lieux m'apportoit le trépas , Vous deviez le prévoir ; et je ne m'en plains pas : Vous hasardiez vos jours en exposant ma vie. Mais que votre imprudence et la mienne s'expie; Et, si nous ne pouvons détromper son courroux. C'est à vous de mourir, puisque je meurs pour vous.

( à Favel. ) Vous , seigneur, écoutez...

F A Y E L , avec la dernière violeuce.

Que pourrois-tu me dire Qui de ton lâche amour ne servit à m'instruire .'' A mes yeux , malgré toi , perçant de toutes parts , Tu m'en rends le témoin , il parle en tes regards ; Dans tes moindres discours mon déshonneur s'imprime.

Il t'aime , il est aimé , voilà ton double crime. Ah ! tu portes la mort et l'enfer dans mon cœur :

( montrant Coucv. ) Tu mourras avec moi, quand il seroit vainqueur. Soldats , loin de mes yeux entraînez l'infidelle : Sur l'ordre d'Albéric vous disposerez d'elle.

( on l'entraîne. ) r o u c Y , aux soldats.

barbares, de ses jours vous répondrez au roi.

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