‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 358 sur 361 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

GABRIELLE, ISAURE

ISA.L'RE ) entrant, et parlant aux gardeî qui sont à laporlr en dehors.

Vous la croyez coupable.

Je suis donc sa complice , et le suis sans remord ; Laissez-moi partager ses tourments et sa mort.

(elle avance vers Gabrieile , qui lui fait un geste sans pouvoir parler. ) Quoi ! que me montrez-vous avec tant d'épouvante .''

( avant regardé le vase. ) O crime... ! Gabrieile ! Ah. ! je la vois mourante , Immobile , loeil fixe , attaché sur ce cœur, Qui semble sur lui seul concentrer sa douleur ; Pâle , froide , insensible , et comme anéantie ; Tâchons de soulever sa tête appesantie.

( elle lui soulevé la tète. ) Elle veut parler. Ses efforts impuissants Ne trouvent dans son sein que des gémissements. C'est la mort ! oui , ce sont ses muettes alarmes , Meurtrières douleurs qui n'ont ni cris , ni larmes,

( Gabrieile se levé avec une espèce de convulsion. ) Mais quels profonds sanglots, et quels transports soudains .'

G A B R I F. I, T. E , e'garée.

Raoul ! mon cher Raoul...!

( elle retombe. )

uj2 GABRIELLE DE VERGY.

I s A UR E.

Permeltez que mes mains Eloignent...

( elle veut ôter le vase. } GABRIELLE, Tarrêtant.

Sur ton cœur, ah ! que le mien expire ! I s A u R E , recouvrant le vase , le met derrière le pilier. De ses sens égarés déplorable délire !

GABRIELLE, regardant à l'endroit où e'toit le vase , et croyant toujours le voir.

Cher amant ! le voilà sons mes yeux éperdus Ce cœur où je régnai , mais... ou je ne suis plus ! Errante autour de lui, ton ame fugitive Se plaint , m'appelle, attend que la mienne la suive.

( elle se relevé. ) Ce cœur auprès du mien semble se ranimer ! Dans ce vase odieux je vois ton sang fumer... .'

(elle retombe. ) I s AU B E.

Non , vous ne voyez plus ce triste objet d'alarmes.

GABRIELLE

Je veux l'ensevelir dans un torrent de larmes .' Hélas ! mes yeux glacés cherchent en vain des pleurs. Mes cris sont étouffés sous le poids des douleurs.

is A u R E.

Madame, votre père, entré dans cette ville...

«lABRiELLE , montrant toujours la place où e'toit le vasr. De tous les opprimés ce cœur étoit l'asile.

is A u R E.

Reprenez vos esprits. Votre père et RhéJel Arrivoient à l'instant , et demandoient Fayel : Ils vont trop tard , hélas .' détromper sa furie : Mais pour l'amour d'un père il faut souffrir la vie.

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