SCENE VI
TITUS, SEXTUS, VITELLIE, TULLIE , gardis.
TITCS, àSextus qui paroît fort agité eu vovant Vilellie. Viens , j e voulois savoir qui t'arma contre moi » J'avois à roa clémence attaché cette loi : Mais je défends , Sextus , par une loi contiaiie , Que ta bouche jamais s'ouvre sur ce mystère . Mon cœur, à ce seul prix , te rend son amitié ; Viens embrasser Titus, et tout est oublié.
SEXTUS, tout éperdu de joie.
Est-ce un songe ? Qui, moi...? Grands Dieux .' j'en
doute encore.
( avec transport. )
Et vous ne voulez pas , seigneur" qu'on vous a dore .. ! Vous augmentez mon crime en daijjnanl l'oublier.
TITUS
N'en parlons plus. Combien faut-il donc t'en prier? ( à Vitellie. )
Qu'il trouve grâce aussi devant sa souveraine , Que vos bontés pour lui (Commencent notre chaine , Epouse de Titus, chérissez son ami.
Sur le trône , sans vous , je régnois à demi ; Qu'en acceptant ma main la voti e me seconde , Nous pourrons à nous deux remplir l'espoir tiii monde.
VITELLIE, tomhant Jans les Jjros de TuUie. Je me meurs.
SEXTVS, à part.
O pardon plus cruel que la mort I
Hélas ! sans murmurer, je dois subir mon sort,
TITUS, à Vitellie.
Vous ne répondez point Quelle pâleur affreuse..!
VITELLIE.
(Jest celle da trépas. Qu'ai-je fait? malheureuse ! O rage ! ô désespoir I je m'arrache en ce jour Tout ce que prétendoieat ma gloire et mou amour. Infâme Lentulus , c'est ta noirceur extrême... Juste ciel , mes forfaits retombent sur moi-même, s E XT u s.
Qu'entends-je!
TITUS
Eh. quoi !
J'ai cru que Leutulus yainqueur...
Vous perdre, et le servir, c'é toit trop pour mou cœur : Le poison...
Dieux!
VITELT, I E.
Hélas ! daignez m'entendre ,
Titus... Je vous aimai de l'amour le plus tendre ;
( Sextus paroît étonne et furieux. ) Et tel est le triomphe à Titus préparé , Que par ses assassins il est même adore. Un autre dans votre ame obtient la préférence : De là tous ces complots tramés par nia vengeance. Je me flattois sur-tout de l'espoir insensé Que le sceptre en mon cœur vous auroit remplacé. Je séduisis Sextus à qui j 'a vois su plaire, Qui de mes feux jaloux ignoroit le mystère.
(Titus surpris regarde Sextus, qui demeure confondu.) Pour prix de votre mort lui promettant ma main , Du plus fîdele ami j'ai fait un assassin. Ah ] pardonne , Sextus , à tant de perfidie ; Au de-là de tes vœux tu vois que je l'expie : Le trône et ce héros que j'obtenois tous deux...