SCENE PREMIERE
ZELMIRE, suivant Ema qui traverse le tUe'âtre et fuit
Tvers le temple.
u me fuis, chère Ema; je te suivrai sans cesse. Donne au moins un regard aux pleurs de ta princesse ; Daigne écouter...
Tous puis-je entendre sans horreur, Fille dénaturée. ...**
Ah ! suspends ta fureur...
;2 Z El. MIRE.
Grands dieux ! livrer an père aux complots d'un
perfide !
Servir l'ambition d'un frère parricide ' J'arrive , et l'on m'apprend ses forfaits et sa mort : Son juste châtiment vous prédit votre sort. Tremblez, cruelle.
( elle fait encore un pas vers le temple. ) ZELMiRE, la retenant.
Arrête, et connois mieux Zelmire.
O toi ! qui la chéris depuis qu'elle respire, Crois-tu qu'un si grand crime ait pu désbonorei Ce cœur où ta vertu se plut à s'admirer ?
(à demi-voix , et regarJaut de tous côte's. ) Hélas ! loin de livrer mon déplorable père , C'est moi qui l'ai sauvé des fureurs de mon frère.
Ém A.
Quoi ! Polidore...
I] vit.
£ M A , avec éclat.
o mon maître ! ô mon roi !
Modère tes transports , tu me glaces d'effroi :
Un seul mot peut le perdre. Ah ! de ma confidence
Déjà mon cœur tremblant condamne l'imprudence.
Vous me craignez, Zelmire .'
z E L M IR E.
Oui; pour des jours si chers, Pardonne, jeté crains; je crains tout l'univers. Va, si je n'imploruis ton secours nécessaire, Mon cœur, sur de ta foi, le cacheroit mon père. Mais je commençai seule en vain à le sauver. Je vois trop que sans toi je ne puis achever. Regarde près du temple, où me fuyoit ta haine ,