ACTE I, SCENE I
ïléserve à ses sujets cette marque d'amour.
S'il se résout , madame , à nommer un Auguste ,
Qui peut VOU3 disputer un espoii aussi juste ?
Tous les vœux des Romains lui désiguent ce choix;
Il ne vous donnera que la dernière voix.
Enfin s'il vous nommoit....
VITELLIE.
S'il me nommoit , Tullie , S'il apportoit son cœur aux pieds de ^'itellie,... Mais non : je vais le voir dans son nouvel éclat Plus aimable toujours , et toujours plus ingrat. Ses mépris vont encore avertir ma colère Qu'il est iils du tyran qui m'a ra\i mon père. Ah I punissons Titus d'avoir pu ui'enilammer , Et punissons mon cœur d'avoir osé laimec. Son exemple m'excite à cet effort suprême ; Titus m'a trop appris à me vaincre moi-même. Tant qu'il respirera , mon devoir combattu Ne répondra jamais de ma foible vertu : Que sur sa tombe enfin mon triomphe s'assure, Que son sang répandu guérisse ma blessure. En vain Rome aujourd'hui l'élevé jusqu'aux cieux , Ce dieu de 1 univers est un monstre à mes veux : Celui qui m'inspira cet amour détestable Est criminel pour moi... puisqu'il me rend coupable. Enfin , loin de prétendre à recevoir sa main , La mienne est à Sextus s'il lui perce le sein.