VITET.I,1E
Il les oublie, il m'aime.
Oui, connois malgré lui ce terrible secret Qu'à la fidélité je taisois à regret.
Hélas ! en ce grand jour tu m'es trop nécessaire : Et puis-je redouter qui m'a servi de mère.**
8 TITUS
Dès l'instant que Sextus m'avoua son ardeur,
Je crus qu'en lui le ciel iii'aJressoit un vengsur :
Je voulus qu'enfermé dans le fond de son ame.
Mes yeux connussent seuls le secret de sa flamme ;
Qu'il le cachât sur-tout au stoïque Annius,
Son ami jusqu'alors et celui de Titus.
Tu sais que l'empereur avoit en son absence
A ces deux favoris confié vsa puissance;
Sextus commande à Rome , et peut seul aujourd'hui
Cacher tous nos apprêts, trop dangereux sans lui.
Qu'il m'a fallu d* soins pour le pouvoir conduire
A ce fatal serment , dont encore il soupire !
Par combien de remords son cœur fut combattu !
Les regards de Titus rappeloient sa vertu.
Après six mois entiers d'une rage incertaine ,
D'un passage éternel de l'amour à la haine ,
Je l'ai vu de ses feux tout prêt à triompher ;
L'amitié dans ses bras les alloit étouffer.
César les ralluma par son heureuse absence;
EtLentulus encor fait plus par sa présence;
Ce fougueux Lentulus à qui le sang m'unit,
Que de Rome autrefois Vespasien bannit,
Rappelé par Titus, mais brûlant de vengeance,
Ame dure aux bienfaits et sensible à i'offensç,
Il me dut son retour, et vint s'offrir à moi
Pour sonder nos amis , pour réveiller leur foi :
Et bientôt en effet j'eus , par son ministère,
Rasseçablé les débris du parti de mon père.
A son zèle bouillant, non moins qu'intéressé,
Sextus croit reconnoîlre un rival empressé :
Iljtremble qu'uue main jalouse de la sienne,
Eli prévenant ses coups , ne mérite la mienne.
Jadis en moi l'amour eût tout fait pour Titus;
Il fera tout pour moi dans l'ame de Sextus.
Il vient.i
( elle fait signe à Tullie de se retirer au fond <le lo sccucj