‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 64 sur 361 · ACTE I , SCE^ E II · texte numérisé non relu

ACTE I , SCE^ E II

Sa mort en ce moment accroît votre danger; L'armée avec fureur jure de le venger; Vous avez va tourner, au déclin de votre j'ige , Vers l'aurore d'un fils toul un peuple volage; Hélas I des meilleurs rois c'est le commun malheur ; On dédaigne le sage , et l'on court au vainqueur. Même après son trépas ils adorent mon frère.

POLIDORE

Eli ! qui fut mieux formé pour tromper le vulgaire.^ IJnissant sous les traits d'un visage enchanteur Le froid de la prudence au feu de la valeur ; Rassemblant des héros tous les talents subliiues , Dangereuses vertus, souvent mères des crimes. Il sut empoisonner les dons les plus flatteurs. Comment un même sang forma-t-il vos deux cœurs .■* Mais, Zelmire, je puis quitter ce triste asile; Allons ouvrir les veux de ce peuple indocile.

Vous l'espérez en vain. Ah î croyez ma terreur : Gardez-vous de braver ces tigres en fureur. Si leurs yeux étonnés vous vovoient reparoitre . Tous vous accuseroient du meurtre de leur maitre : Leur haine par vous seul Aa croire exécuté Le projet odieux qui vous fut imputé.

Cet assassin secret, dont la main factieuse ]N"ous cache d'un complot la trame ambitieuse , Abusant le premier de leur crédule erreur , Sur vous de son forfait va rejeter l'horreur ; Et si le seul soupçon que leur donna mon frère Arma contre vos jours leur rage sanguinaire , Que n'oseront-ils point quand ils pourront penser Que jusque dans leurs bras vous l'avez su percer I Dérobons-nous , mon père , à ce péril extrême. Anténor est charsré des soins du diadème ;

8o ZELMIRE.

C'est à son front vainqueui' qu'il paroît destiné : Je le crois digne en tout du sang dont il est né. Pour mon fils et pour moi , je renonce à ce Irône Que mon frère a souillé , que la foudre environne ; Anténor permettra qu'aux bords du Simoïs , Auprès de mon époux j'aille porter mon fils ; Je pourrai vous sauver dans la foule proscrite De quelques citoyens qui fuiront à ma suite.

POIilDORE.

Mais toi , dont l'héroïsme a porté les vertus A des degrés nouveaux , au ciel même inconnus , Tu souffres que des cœurs amis de la justice D'un parricide affreux te non)ment la complice.

Que fait la renommée au cœur qui la dément .•* En paix avec soi-même on la brave aisément; Mais on souffre en tremblant sa faveur infidelle , Lorsqu'un témoin secret vient déposer contre elle. Quel bruit ai-je entendu ? Qui porte ici ses pas ?

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