SCENE IX
LES ACTEURS PRtcÉDE^TS , ILUS , EURIALE.
7, E L M I R E , courant vers llus. Cher prince . cher époux...
1 L u s , arrivant entre le temple et le tomLeau.
Aux pieds de ce que j'aime Je puis donc apporter mon cœur et mes lauriers. Mes avides désirs devancent mes guerriers... z E L M I R E , e'pouvante'e , regardant autour d'Uus, et ne vovant quEuriale. Quoi .'... presque seul .'^
Bientôt ma suite descendue.
Peu nombreuse en effet , mais encor superflue Doit vous offrir un roi dans mes fers arrêté, Qui de votre clémence attend sa liberté : J'embellirai mes dons par les mains que j adore. Mais venez, cliere épouse, allons vers Poli dore • Qu'en ce père si tendre, à mon amour rendu , Je retrouve du mien et l'âge et la vertu. Vous ne répondez point, et de larmes trempée... ZELMIRE^ accaLle'e, regardant Antenor et les gardes qui Tentourent.
Uns...
Parlez.
A.ÎÎTE2TOR, voyant que Zclmire ne répond pas.
Seigneur, votre attente est trompée:
Polidore n'est plus. Il est mort détrôné ; Par son peuple proscrit, par son fils condamné : Il chercha près des dieux un refuge inutile ; Le courroux des vainqueurs embrasa son asile. DE BF.LI.OI. I. 6
IL U s.
Grands dieux! qu'entends-je? Où suis-je? Ah! jamais les enfers N'ont vomi tant d'horreurs sur ce triste univers. Chère épouse, fuyons cette rive exécrahle. Je vengerai ta mort , ô père déplorable ! (prenant la main de Zelmire. ) J'en jure par Zelmire , et par ce nœud sacré...
AN T h N O R.
Vains serments ! vous tenez la main qui l'a livré. I LU s.
Zelmire ! Est-il vrai? Non : vous me trompez, barbare.
AN TÉ N o R.
Qu'elle parle, seigneur.
I L us.
La vertu la plus rare , Zelmire parricide !
Ah! prince, ignorez-vous...?
( à part. )^
Dieux ! je perds en parlant mon père et mon époux, Sans défense tous deux...
IL u s.
Répondez donc , cruelle.
ZELMIRE, à part.
Mon cœur, immole-toi; la cause en est trop belle. ( à Ilus. )
Oui, réduite a choisir de mon père ou d'Azor... ( vivement et avec effroi. ) Ce que j'ai fait enfin, je le ferois encor.
I L u s , reculant d'iiorreur.
Monstre dénaturé , détestable furie , Tu m'oses, sans trembler, vanter ta barbarie! Quaud ton père eût sur toi levé le fer ci'uel , Il falloit présenter ton cœur au coup mortel , Le plaindre en expirant sous sa fureur impie :