ACTE II, SCENE IX
Je pleurerois ta mort. Je déteste ta vie ; J'abjure notre hymen ; et , loin de ce séjour, J'oublirai , s'il se peut , mon malheureux amour : Adieu. Je crains qu'ici ma colère trop prompte Ne lave dans ton sang tes forfaits et ma honte.
ZELMIRE, avec éclat.
Seigneur, daignez du moins...
( puis se retenant, et d'un air mvste'rieux. ) Voir encor votre fils.
I L U s , sans la regarder.
Va, je cours vers Azor, pour qu'il me soit remis.
Azor n'a pas long-temps joui du diadème ; Ilus, des inconnus l'ont immolé lui-même. IL u s.
( à Zelruire. ) ( à Antenor. ^
Le ciel est juste. Tremble ! Est-ce vous qui régnez.**
A. NT EN o R.
Moi! du trône, seigneur, mes droits sont éloignés ; Il esta votre fils.
ILUS.
Non: sa mère cruelle L'acquit par des forfaits , mou fils n'attend rien d'elle, llion a pour lui des sujets vertueux ; Par mes leçons un jour il sera digne d'eux: D'un amour paternel montrerois-je des marques, Lui donnant des sujets bourreaux de leurs monarques.**
A N T É îî o R.
Seigneur...
ILUS.
C'en est assez. Vous m'avez entendu.
Que dans ce même jour mon fils me soit rendu ; Ou j'atteste les dieux que ma juste vengeance De Troie et de TAsie armera la puissance ; Que vous m'allez revoir sur ce coupable bord
loo ACTE II, SCENE IX.
Porter le fer, le feu , le carnage , el la mort ; Détruire, anéantir tout ce climat barbare, Plus rempli de forfaits que le fond du Tartarej Yos repaires sanglants qui vomirent au jour ( en niuntrant Zeli)iirc. ) L'effroi de la nature et l'horreur de l 'amour.
( il sort. ) ANTitNOR, à Rhamuès.
Je marche sur ses pas ; toi, rassemble l'armée ; Et que de tant d'af/ronts elle soit informée.
( il sort avec tous les gardes. )