‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 87 sur 361 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

AN TÉNOR

J.1.INSI tous ces projets si s.if^enient trace's, Par le retour d'ilus se trouvent reuversés. On lui remet son fils privé du diadème : On pense le punir, et me plaire à moi-même. Sceptre tant désiré, quand j'ai tout fait pour toi, Croyois-je , quelque jour, t'obteuir malgré moi ? l'aut-il au même instant perdre le seul otage Qui put me garantir ce sanglant h-ritage? Sur ce trône incertain, je vais toujours frémir; Avant que d'y monter, je voulois l'affermir. Si , dévoilant un jour l'attentat qui m'v place , Protecteur de son fils, et vengeur de sa race , Ilus vient réclamer des droits trop assurés, Dans un [)remier transport vainement abjuiés. Où sera ma ressource? Et que sais-je? peut-être. Si le prince expirant m'a pu faire connoitre , Cc«3 témoins que je crains, que j'alarme encor plus, Voudront mettre à profit la présence d'ilus. ( irunc voix trcmJjlante et avec saisissement. ) Ce noir pressentiment, cette frayeur soudaine , Du péril que je cours est la marque certaine. Il faut pour le parer recueillir tous mes sens.

( après un peu de silence et de réflexion. )

Ilus est seul ici : dans ses chagrins pressants ,

Voulant loin de nos bords précipiter sa fuite ,

Son ordre en ses vaisseaux a retenu sa suite.

Par-tout le meurtre encore ensanglante ces lieux.

Aux peuples outragés Ilus est odieux ;

Tout Lesbos apprendroit son trépas avec joie.

Lui mort , son fils me reste , et je puis braver Troie.

Je ne crains , en un mot, qu'Ilus dans Tunivers ;

Et, par un crime heureux, les autres sont couverts.

Quelle main me rendra ce dangereux service.»'

Ah! comme auprès d' Azor,si quelque instant propice,

Si ce poignard caché, pouvoit servir mon bras !

Ilus vient ! ô fortune ! Un ami suit ses pas ;

Il peut s'en séparer. Voici l'heure fatale ;

S'il l'éloigné, il est mort.

( il va se cacher entre les arbres qui environnent le temple. )

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