‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 27 sur 59 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Couper le saule inculte et le houx épineux , Et marier la vigne aux ormeaux amoureux? Enfin au dernier rang tu parviens avec joie : * Tout ton plant façonné sous tes yeux se déploie , Et je t'entends chanter la fin de tes travaux. Eh bien, la bêche encor doit fouiller tes coteaux; Et quand la grappe enfin mûrit sous son feuillage , Pour noyer ton espoir il suffit d'un orage.

L'olivier ^'S, par la terre une fois adopté, De ces pénibles soins n'attend pas sa beauté : Fouille à ses pieds le sol qui nourrit sa verdure, C'est assez : dédaignant une vaine culture, Et la serpe tranchante, et les pesants râteaux. L'arbre heureux de la paix voit fleurir ses rameaux.

Tel encor, quand les ans ont augmenté sa force. Quand son tronc est muni d'une plus dure écorce , L'arbre fruitier sans nous s'élève dans les airs; Sans nous mille arbrisseaux de leurs fruits sont couverts. Sur le buisson inculte on voit rougir la mûre , Et l'abri des oiseaux donne aussi leur pâture.

Caeditur, incultique exercet cura salicti. Jam vinctae vites, jam falcem arbasla reponmit ,

Jam canit extremos effetus vinitor antes ;

Sollicitanda tamen telliis, pulvisque movendus;

Et jam maturis metucndus Jupiter uvis.

420 Contra, non uUa est oleis cultura , neque ill.'B

Procurvam exspectant falcem, rastrosque tenaces,

Quum semel haeserunt arvis, aurasque tulerunt.

Ipsa satis lellus , quum dente recluditur unco ,

Sufficit humorem, et gravidas cum vomere fruges.

Hoc pinguem et placilara paci nutritor olivam. Poma quoque , ut primum truncos senserc valentes,

Et vires habuere suas, ad sidéra raptim

Vi propria nituntur, opisque haud indiga nostra*.

Nec minus interea fétu nemus oinne gravescit, •130 Sanguincisquc inculta rubent aviaria baccis.

Toudcntur cytisi ; ta'dassilva alta ministrat,

Pascunturque ignés noclurni , et lumina funduiit.

Que d'arbres en tous lieux multipliés par nous !

Ah ! du moins plantez-les, puisqu'ils croissent sans vous.

Pour nos jeunes chevreaux ^f" les aliziers Heurisseut;

Du suc des pins altiers les flambeaux se nourrissent.

Mais pourquoi te parler de ces rois des forêts?

Tout sert , même^le saule et les hmnbles genêts;

Le miel leur doit des sucs, les troupeaux du feuillage,

Les moissons des remparts, les pasteurs de l'ombrage.

J'aime et des sombres buis^: le lugubre coup d'oeil,

Et de ces noirs sapins le vénérable deuil ;

l'aime à voir ces forêts qui croissent sans culture,

Où l'art n'a point encor profané la nature :

Ces bois même , d'Athos enfants infructueux ,

Et l'éternel jouet des vents impétueux ,

Dans leur stérilité sont encore fertiles.

Pour former nos lambris '^^ leurs arbres sont utiles :

Ici taillés en char, là courbés en vaisseaux,

lis roulent sur la terre , ils voguent sur les eaux.

Le saule prête aux ceps sa branche obéissante;

L'orme donne aux troupeaux sa feuille nourrissante ;

L'if en are est ployé ; le cormier fait des dards ;

Le myrte de Vénus fournit des traits à IMars.

Et duhitant homines screre atque impendere curam '. Quid majora sequar? salices humilesque genistne, Aut illse pecori frondem , aut pastoribus timbras Sufficiunt, sepem(|ue satis, et pabula melli. Et juvat undantem buxo spectare Cytorum , Naryciacque picis lucos ; juvat arva videre Non rastris hominuin. non ulli obnoïia cnrae. ^iO Ipss Caucasio stériles in vertice silvœ ,

Quas animosi Euri assidue franguntque ferunUjiiC Daiit alios aliœ fétus; dant utile lignuin, Navigils pinos', domibus cedrosquc cuprcssos<|Hc. llinc radios triverc rôtis, liinc tympaiia piaustris Agricole , et pandas ratibus posiiere carinas. Viminibus salices fccunda; , frondibus ulmi : At myrtus validis hasliiibus, et bona bcUo

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